<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

    <title><![CDATA[Commentaires du blog: Apfelbaum]]></title>
    <link>http://apfelbaum.over-blog.com/</link>
    <description>Les 25 derniers commentaires publiés sur le blog &quot;Apfelbaum&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
        <url>http://fdata.over-blog.net/0/41/13/87/avatar.png</url>
        <title><![CDATA[Commentaires du blog: Apfelbaum]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/</link>
                            </image>
    
    <pubDate>Sun, 27 Sep 2009 21:55:12 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 27 Sep 2009 21:55:12 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2009, NATHANAEL APFELBAUM</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31529859</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: center;">Cher Nathana&euml;l, <br /></div>
<br />Tr&egrave;s touchant, votre acte de contrition. Mais j'estime pour ma part que seule une compensation financi&egrave;re pourrait laver d&eacute;finitivement l'affront renouvel&eacute; que vous avez perp&eacute;tr&eacute; &agrave; mon endroit. :-D Au plaisir de vous lire (oh certes pas au rythme effr&eacute;n&eacute; d'autrefois, je ne dispose moi-m&ecirc;me plus du temps n&eacute;cessaire pour cela) ! ;-)<br /><br />
<div style="text-align: right;">Chaleureusement, Lo&iuml;c</div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 25 Sep 2008 17:05:03 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31529859</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31461751</link>        <description><![CDATA[Miky, Lo&iuml;c, merci d'essayer de faire sortir ce blog de son sommeil. Je sais combien il est p&eacute;nible de tomber &eacute;ternellement sur la m&ecirc;me page, sans aucune mise &agrave; jour. Ce n'est pas sans honte que je m'aper&ccedil;ois combien je r&eacute;compense mal votre int&eacute;r&ecirc;t.]]></description>
        <pubDate>Tue, 23 Sep 2008 23:54:59 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31461751</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31301838</link>        <description><![CDATA[Salut Miky,<br /><br />Je ne suis pas d'accord avec toi, quel que soit le
point de vue que tu prennes. Commen&ccedil;ons par le point de vue lib&eacute;ral. Le
lib&eacute;ralisme est un subjectivisme : c'est l'individu qui fixe la valeur
de toute chose. Par suite, si un individu d&eacute;cide que l'inceste ou le
cannibalisme est bien, alors c'est bien, &agrave; partir du moment o&ugrave; les
droits d'autrui sont respect&eacute;s (consentement mutuel, parangon du
juste proc&eacute;dural propre au lib&eacute;ralisme). Tu pr&eacute;tends que dans le cas du
cannibalisme on peut "objectivement" montrer que c'est un mal. Je
r&eacute;pondrais deux choses : d'abord, d'un point de vue th&eacute;orique, pour un
lib&eacute;ral, une valeur "objective", &ccedil;a n'existe pas, comme d&eacute;j&agrave; dit, c'est
l'individu <em>seul</em> qui est "la mesure de toutes choses" (et c'est
patent dans l'affaire Meiwes : la "victime" Brandes &eacute;tait tout &agrave; fait
consentante, adorant les mutilations et r&ecirc;vant de se faire manger ! Il
a d'ailleurs partag&eacute; un bout de son p&eacute;nis avec Meiwes autour d'une
bouteille de vin, avant que Meiwes ne le tue, ne le d&eacute;coupe et ne le
consomme, <em>comme convenu</em>). Ensuite, d'un point de vue pratique,
si tu cherches un peu sur le net, tu d&eacute;couvriras que des cannibales, il
y en a quelques-uns, tout de m&ecirc;me, qu'ils ont leur fora
de discussion et que l&agrave;-dessus ils s'&eacute;changent tous les
trucs pour s'adonner &agrave; leur perversion pendant des ann&eacute;es sans dommages
(sans rentrer dans les d&eacute;tails morbides, il y a des zones du corps
qu'on peut d&eacute;couper sans probl&egrave;mes majeurs : &ccedil;a cicatrice, puis
rebelote). Maintenant, de mon point de vue "anti-moderne", il n'y
aucune diff&eacute;rence entre l'inceste et le cannibalisme : dans les deux
cas, il s'agit d'un interdit de civilisation, d'un pilier
anthropologique. Tu dis que pour l'inceste, &agrave; partir du moment o&ugrave; &ccedil;a
reste priv&eacute;, &ccedil;a ne pose pas probl&egrave;me. Outre que je suis loin d'en &ecirc;tre
s&ucirc;r (l&agrave; c'est le psy qui parle : comme je l'expliquais &agrave; Nathana&euml;l, si chacun
d'entre nous demeure le mieux plac&eacute; pour savoir ce que nous d&eacute;sirons,
c'est moins &eacute;vident lorsqu'il s'agit de savoir ce qui est bien pour
nous, la distinction d&eacute;sir/bien &eacute;tant importante d'un point de vue tant
psychologique que social), le probl&egrave;me du droit lib&eacute;ral, c'est que &ccedil;a
ne reste jamais priv&eacute;, justement ! Sous couvert de "progr&egrave;s", on (la
classe politico-m&eacute;diatique, avec le soutien et la b&eacute;n&eacute;diction de
milliers d'idiots utiles) change le droit de fond en comble et par l&agrave;,
toute la soci&eacute;t&eacute; (les deux cas que j'ai pris &eacute;tant exemplaires &agrave; cet
&eacute;gard : les St&uuml;bing ont intent&eacute; (en vain, pour l'heure) une action en justice pour avoir le
"droit" de se marier et que la justice reconnaisse ainsi la validit&eacute; de
leur petite famille (oui, ils ont 4 enfants) ; quant &agrave; Meiwes, s'il fut
finalement condamn&eacute; &agrave; perp&eacute;tuit&eacute;, son histoire a elle aussi secou&eacute; l'opinion
publique allemande et donn&eacute; lieu &agrave; d'&eacute;mouvantes croisades de lib&eacute;raux en faveur du "progr&egrave;s" (en France, en ce moment, c'est la fameuse "homoparentalit&eacute;" et la toute r&eacute;cente "gestation pour autrui" et demain ?). Bref, ce que je trouve dangereux, c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce passage du priv&eacute; au public, de l'individuel au social, dans une logique typiquement lib&eacute;rale de "d&eacute;construction" syst&eacute;matique : foin du patriarcat et des interdits de l'inceste, du cannibalisme et du meurtre, que vive la libert&eacute; dans la grande matrice ! Les pratiques de chacun ne regarde que lui, mais pourquoi (et pour quoi, &agrave; quelle fin) en faire une nouvelle r&egrave;gle, au prix de ce que notre civilisation a mis des si&egrave;cles &agrave; construire p&eacute;niblement (et qui marchait tant bien que mal, &agrave; preuve du contraire, tandis que la dissolution g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de notre temps ne donne pas grand-chose de bon, l&agrave; aussi paroles de psy et d'ancien en contact avec les "exclus") ? Pour autant, je ne suis pas na&iuml;f, je sais que le "combat" (s'il en est un) est perdu d'avance, que la fin de l'Histoire aidant, nous allons gaiement vers le matriarcat et le paganisme, sur fond de "festif" obligatoire.<br /><br />Chaleureusement, Lo&iuml;c<br /><br />PS : si je reconnais ma dette &agrave; Aristote, cela ne m'emp&ecirc;che pas d'enseigner &agrave; mes clients les rudiments de la logique non-aristot&eacute;licienne (Korzybski, Hayakawa), pour leur plus grand bien. Quant au r&eacute;alisme, j'y adh&egrave;re assez pour regarder &agrave; droite et &agrave; gauche avant de traverser la rue, ou prendre l'ascenseur au lieu de me jeter par la fen&ecirc;tre du 20e &eacute;tage d'un immeuble. Une h&eacute;r&eacute;sie, sans doute, pour tous les alter-comprenants de la physique quantique. ;-)<br />]]></description>
        <pubDate>Fri, 19 Sep 2008 05:05:33 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31301838</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Miky]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31276434</link>        <description><![CDATA[Salut Lo&iuml;c,<br /><br />Juste une remarque rapide : il me semble qu'il y a quand m&ecirc;me une grosse diff&eacute;rence entre l'inceste librement consenti et le cannibalisme librement consenti : c'est que dans le dernier cas - et non dans le premier -, on peut objectivement montrer (et c'est peu dire) que ce n'est pas un bien pour celui qui le subi, et que c'est m&ecirc;me plut&ocirc;t un mal, ce qui est une consid&eacute;ration qui devrait &ecirc;tre propre &agrave; satisfaire l'aristot&eacute;licien r&eacute;aliste&nbsp;que tu es :) (bien s&ucirc;r, si on suppose que la relation incestueuse dont il est question reste du domaine priv&eacute;, afin de ne pas compromettre le lien social qui uni les protagonistes &agrave; leurs cong&eacute;n&egrave;res).<br /><br />Bien &agrave; toi,<br />Miky]]></description>
        <pubDate>Thu, 18 Sep 2008 12:01:35 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment31276434</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-17237324-6.html#comment29837930</link>        <description><![CDATA[Bonjour tekitoi,<br />J&rsquo;ai cess&eacute; de publier mes statistiques, que je m&rsquo;efforce de tenir &agrave; jour (tant bien que mal, il est vrai), pour ne pas avoir &agrave; affronter la r&eacute;action de mes proches, qui n&rsquo;auraient pu que s&rsquo;&eacute;tonner de la part croissante que la sexualit&eacute; occupe dans mon emploi du temps. C&rsquo;est aussi l&rsquo;explication du silence sur ce blog. Descartes lui-m&ecirc;me avouait ceci : &laquo; je n&rsquo;ai jamais employ&eacute; que fort peu d&rsquo;heures, par jour, aux pens&eacute;es qui occupent l&rsquo;imagination, et fort peu d&rsquo;heures, par an, &agrave; celles qui occupent l&rsquo;entendement seul, et (&hellip;) j&rsquo;ai donn&eacute; tout le reste de mon temps au rel&acirc;che des sens et au repos de l&rsquo;esprit ; m&ecirc;me je compte, entre les exercices de l&rsquo;imagination, toutes les conversations s&eacute;rieuses, et tout ce &agrave; quoi il faut avoir de l&rsquo;attention. &raquo; (Lettre &agrave; Elisabeth du 28 juin 1643.)]]></description>
        <pubDate>Sun, 03 Aug 2008 23:02:55 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-17237324-6.html#comment29837930</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanael]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-15609944-6.html#comment29837874</link>        <description><![CDATA[
  Bonjour tekilapaf!<br>
  Une petite précision sur cet article. Il ne s’agit pas de porter la faute sur la « satanée gente féminine », non seulement parce que les notions de faute et plus généralement d’imputabilité
  renverraient à une théorie du complot qui n’est pas la mienne, mais surtout parce que c’est bien dans le mécanisme de la domination masculine que vient jouer l’inappétence sexuelle de la femme. La
  misère sexuelle, conséquence de la gestion de la baise par les femmes, aboutit, en fait, à la domination masculine ; ce que prouve a contrario le fait que l’émancipation de la femme soit
  corrélative à sa libération sexuelle.<br>
  &nbsp;<br>
  Pour une illustration de cette thèse, voir ci-dessous :<br>
  http://www.monsieur-le-chien.fr/index.php?planche=348

  
]]></description>
        <pubDate>Sun, 03 Aug 2008 22:59:49 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-15609944-6.html#comment29837874</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de cekilacefix]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-17237324-6.html#comment29523064</link>        <description><![CDATA[Salut &ocirc; Nathanael v&eacute;n&eacute;r&eacute;,<br /><br />A la lecture de ton compte rendu d'activit&eacute; j'ai envie de m'&eacute;crier : "TU BOSSSES TROP MEC!!!" et d'abord quel genre de d&eacute;rang&eacute; es-tu pour noter minute pas minute ton activit&eacute; au quotidien. Et o&ugrave; est le temps pass&eacute; &agrave; d&eacute;f&eacute;quer et uriner? Tu oublies ces moments essentiels de notre journ&eacute;e, qui doivent bien te prendre 17 minutes par jour soit 1.77% de ton temps &eacute;veill&eacute; en partant de l'hypoth&egrave;se d'une journ&eacute;e de 16h.&nbsp;<br />Mais je reviens au fait essentiel de mon propos : tu tafes beaucoup trop!!! 10h20 par jour &ccedil;&agrave; nous fait des semaines de 50h ce qui n'est pas loin d'&ecirc;tre scandaleux. J'esp&egrave;re qu'au moins tu te fais un maximum de p&eacute;p&egrave;tes mais un philosophe riche ce serait une grande premi&egrave;re, ceci serait-il d&eacute;onthologiquement acceptable? Si tu bossais moins tu pourrais te consacrer un peu plus &agrave; ta passion de la philosophie et repenser certaines id&eacute;es un peu limites dont tu nous fais part, notamment par rapport &agrave; l'inceste et &agrave; la sexualit&eacute;. <br />Toujours est-il que j'attends lors de la prochaine publication de ces statistiques une baisse significative de la dur&eacute;e de travail sans quoi je ne viendras plus grossir ton blog rank.<br /><br />Bisous ma poule]]></description>
        <pubDate>Mon, 21 Jul 2008 22:25:02 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-17237324-6.html#comment29523064</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de cekilacefix]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-15609944-6.html#comment29514477</link>        <description><![CDATA[Bonjour mon bon Apfelbaum,<br />Je d&eacute;barque sur ce blog pas vraiment par hasard... et que lis-je?! Nous serions donc tous condamn&eacute;s &agrave; nous masturber et ce par la faute de la routine de la vie de couple et de cette satan&eacute;e gente f&eacute;minine. Comment, mon cher, peux-tu ass&eacute;ner de telles v&eacute;rit&eacute;s qui trahissent une certaine frustration : "l'homme en couple ne baise pas". Faux! te r&eacute;torque-je!<br />Ne&nbsp;vois-tu pas en te promenant dans les parcs de nos villes ces petits couples d'amoureux dont les yeux p&eacute;tillent de passion et qui&nbsp;assur&eacute;ment s'adonnent &agrave; d'intenses joutes sexuelles d&egrave;s qu'ils en ont l'occasion? Bien s&ucirc;r avec le temps et la lassitude les choses deviennent moins folles mais de l&agrave; r&eacute;duire toute activit&eacute; sexuelle &agrave; la dext&eacute;rit&eacute; du poignet, il y a un exc&egrave;s de pessimisme flagrant.<br />Reprends-toi mon cher Apfelbaum, reprends-toi! J'abonderais dans la th&egrave;se oppos&eacute;e : La baise est au coin de la rue, la vie est tr&eacute;pidente nul ne sait quelle coquine saura te mettre au garde &agrave; vous mais une chose est s&ucirc;re :&nbsp;ELLE EXISTE!! et ceci a une port&eacute;e universelle.&nbsp;<br />]]></description>
        <pubDate>Mon, 21 Jul 2008 17:07:24 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-15609944-6.html#comment29514477</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28714145</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br />&nbsp;&nbsp; <br />D'abord, je dois de nouveau vous demander de m'excuser, car je vous r&eacute;ponds tard...<br />&nbsp;<br />Ensuite, je vous souhaite les meilleures choses pour votre projet : puisse la r&eacute;ussite &ecirc;tre au rendez-vous !<br />&nbsp; <br />Enfin, je r&eacute;agirai &agrave; votre commentaire : il nous faut des entrepreneurs philosophes ;=)<br />&nbsp; <br />Mais vous comme moi manquons de temps : c'est pourquoi je ne pourrai vous &eacute;crire avant quelques temps.<br />&nbsp;<br />A bient&ocirc;t !]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Jun 2008 22:43:08 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28714145</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28360081</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b>Bonjour
Nathanael,</b></p>
<p class="MsoNormal"><b>Je
vous informe que ce message est le dernier. Je suis en effet lanc&eacute; depuis peu
dans l&rsquo;aventure de l&rsquo;entreprenariat et je ne dispose plus du temps n&eacute;cessaire &agrave;
la poursuite de ces discussions pourtant passionnantes et, en un sens,
d&eacute;cisives (car il s&rsquo;agit au fond de d&eacute;terminer un id&eacute;al de civilisation). Je
lirais bien s&ucirc;r votre r&eacute;ponse s&rsquo;il en est une.</b></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">"""""Lorsque
vous avez mentionn&eacute; les travaux de psychologie cognitive relatifs aux biais
interpr&eacute;tatifs li&eacute;s &agrave; la d&eacute;pression, je n&rsquo;avais pas compris que ces travaux
portaient sur la m&eacute;taphysique du d&eacute;pressif, ou encore, sur la conception du
monde que la d&eacute;pression pourrait induire. Vos auteurs ont-ils trouv&eacute; la vraie
m&eacute;taphysique, &agrave; l&rsquo;aune de laquelle ils se sentent capables d&rsquo;&eacute;valuer celle du
d&eacute;pressif ? J&rsquo;en doute, mais je ne suis qu&rsquo;un profane ;=) Si ces travaux
montrent qu&rsquo;un d&eacute;pressif r&eacute;ussit moins bien un test type QI qu&rsquo;une personne
saine, je ne les remets pas en cause. Mais selon ce crit&egrave;re, une simple grippe
suffit &agrave; alt&eacute;rer la lucidit&eacute; d&rsquo;un malade. Et de m&ecirc;me qu&rsquo;il est possible, tout
en &eacute;tant ivre, de r&eacute;soudre correctement une &eacute;quation, de m&ecirc;me il est possible,
pour un d&eacute;pressif, de se forger une conception du monde coh&eacute;rente. La m&eacute;taphysique
du d&eacute;pressif n&rsquo;est pas fausse, elle est invivable. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il se
trompe que le d&eacute;pressif est malade, mais parce que la vie l&rsquo;ennuie. Au point de
vue th&eacute;orique, la m&eacute;taphysique du d&eacute;pressif n&rsquo;est pas moins vraie qu&rsquo;une autre
: simplement, pour vivre, mieux vaut ne pas &ecirc;tre
d&eacute;pressif."""""<br /> <br /><b> &gt;&gt; Ce qu'ont montr&eacute; de nombreux travaux psychologiques, c'est que la
d&eacute;pression implique un ensemble de distorsions cognitives (manich&eacute;isme,
surg&eacute;n&eacute;ralisation, personnalisation, etc.) et plus "en profondeur",
de sch&eacute;mas dysfonctionnels, qui alt&egrave;re la mani&egrave;re de penser, de ressentir et
d'agir du malade. Aussi, non, le d&eacute;pressif ne voit pas le monde tel qu'il est,
mais tel que son trouble le lui fait voir (lire le <em>Face aux t&eacute;n&egrave;bres</em> de
William Styron dans lequel l&rsquo;auteur fait le r&eacute;cit de sa descente aux enfers de
la d&eacute;pression). Mais je retrouve l&agrave;, sans surprise, votre relativisme&nbsp;: si
tout se vaut, alors pourquoi pas la grisaille du d&eacute;pressif, &eacute;rig&eacute;e en
syst&egrave;me&nbsp;? (Avec en bonus le luxe de pouvoir se vautrer dans le romantisme
morbide du "mal byronien" ou de l&rsquo;illusion du malheur comme
"m&eacute;taphysique" sup&eacute;rieure). Toute tentative de gu&eacute;rison ne
constitue-t-elle pas alors une insupportable atteinte &agrave; la libert&eacute; du
malade&nbsp;? Que les suicidaires se suicident, que les toxicomanes se
droguent, que les cancres demeurent illettr&eacute;s (je force &agrave; peine le trait&nbsp;:
c&rsquo;est l&rsquo;argument tr&egrave;s s&eacute;rieux de quelques "p&eacute;dagogues" pour lesquels
les r&egrave;gles d&rsquo;orthographe rel&egrave;vent du fascisme) et que vive la libert&eacute;&nbsp;!</b> <br /> <br /> """""J&rsquo;ai encore du mal &agrave; saisir quel motif vous fait
condamner l&rsquo;inceste. Vous avez commenc&eacute; par invoquer l&rsquo;inhibition envers les
familiers : &laquo; L'inceste n'est pas condamnable en vertu d'un tropisme culturel
qui serait, comme par hasard, universellement partag&eacute;, mais parce que
l'interdit de l'inceste est ancr&eacute; biologiquement (inhibition sexuelle envers
les familiers), ce qui en a fait un fondement anthropologique &raquo; (commentaire n&deg;
1, du 05/05/2008 12:13:14). D&rsquo;apr&egrave;s cette explication, c&rsquo;est parce que
l&rsquo;inceste serait r&eacute;prouv&eacute; par tous les humains qu&rsquo;il serait condamnable.
Quelques jours plus tard, cependant, vous proposerez un autre fondement : &laquo;
S'il faut conserver l'interdit de l'inceste, c'est parce qu'il constitue
justement un fondement du lien social, dans toute soci&eacute;t&eacute; (contrairement &agrave; ce
que vous affirmez, cet interdit est universel, ce qui tend par ailleurs &agrave;
corroborer un peu plus, s'il &eacute;tait besoin, son origine naturelle) et que sa
dissolution expose &agrave; des cons&eacute;quences funestes. &raquo; D&rsquo;apr&egrave;s cette explication,
l&rsquo;inceste est condamnable non pas parce qu&rsquo;il est r&eacute;prouv&eacute; par tous les
humains, mais parce qu&rsquo;il constitue un danger pour l&rsquo;unit&eacute; sociale (commentaire
n&deg; 5 du 13/05/2008 17:26:58). Votre premi&egrave;re explication est naturaliste : par
nature, l&rsquo;inceste r&eacute;pugne &agrave; tous les humains, et c&rsquo;est pourquoi il est
condamnable ; votre seconde explication est cons&eacute;quentialiste : c&rsquo;est parce
qu&rsquo;il a des cons&eacute;quences n&eacute;fastes sur l&rsquo;unit&eacute; sociale qu&rsquo;il faut condamner
l&rsquo;inceste. Qu&rsquo;est-ce donc qui, d&rsquo;apr&egrave;s vous, fonde l&rsquo;interdiction de l&rsquo;inceste
?"""""<br /> <br /><b> &gt;&gt; Mais les deux explications ne s'excluent pas mutuellement, cher
Nathanael. D'un c&ocirc;t&eacute;, l'origine naturelle de l'interdit de l'inceste
(inhibition sexuelle envers les familiers<span style="font-size: 10pt; font-family: &quot;Palatino Linotype&quot;;"> </span>et pouss&eacute;e g&eacute;n&eacute;tique vers les non
familiers, le tout pour favoriser la r&eacute;plication des g&egrave;nes, tout en limitant
l&rsquo;apparition de g&egrave;nes r&eacute;cessifs), de l'autre, sa vertu de lien social premier,
en tant que vecteur d'exogamie (cf. L&eacute;vi-Strauss : l'interdit de l'inceste
fonde l'ouverture &agrave; l'alt&eacute;rit&eacute; et l'&eacute;change). Notez que les deux explications
se rejoignent et c&rsquo;est logique, encore une fois&nbsp;: o&ugrave; pourrait bien s&rsquo;ancrer
le social, sinon dans le naturel&nbsp;? Et comment pourrait s&rsquo;exprimer le
naturel, sinon par l&rsquo;interm&eacute;diaire du social&nbsp;? (Raison pour laquelle il
est vain, au passage, d&rsquo;opposer inn&eacute; et acquis) Enfin, si d&rsquo;aventure rien de
tout ceci ne vous avait convaincu, il resterait l&rsquo;un de vos ma&icirc;tres &agrave; penser,
Freud. Pour lui, l&rsquo;interdit de l&rsquo;inceste participe de la construction psychique
de l'individu en tant qu&rsquo;inscription fondatrice du d&eacute;sir et de la loi, le
complexe d&rsquo;&OElig;dipe et sa r&eacute;solution par l&rsquo;acceptation de la castration amenant &agrave;
des choix d&rsquo;objet sexuel en dehors de la famille. (Voyez comme tout est
coh&eacute;rent&nbsp;: notre soci&eacute;t&eacute; a d&rsquo;abord "tu&eacute; le P&egrave;re" et voil&agrave;
qu&rsquo;elle remet &agrave; pr&eacute;sent en cause l&rsquo;interdit de l&rsquo;inceste&nbsp;; c&rsquo;est qu&rsquo;il
s&rsquo;agit d&rsquo;&eacute;liminer jusqu&rsquo;aux derniers reliquats du patriarcat, rel&eacute;gu&eacute; au statut
de vieux pr&eacute;jug&eacute; anthropologique)</b><br /> <br /> """""D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;humanit&eacute; condamne-t-elle
unanimement l&rsquo;inceste ? La r&eacute;ponse doit &ecirc;tre nuanc&eacute;e. On peut dire que des
prohibitions touchant l&rsquo;inceste se remarquent dans toutes les soci&eacute;t&eacute;s. On peut
en ce sens parler de prohibition universelle de l&rsquo;inceste, en gardant &agrave;
l&rsquo;esprit que cette prohibition prend les formes les plus diverses. Mais ce qui
vaut de la soci&eacute;t&eacute; ne vaut pas de l&rsquo;individu : de ce que la prohibition de
l&rsquo;inceste se remarque dans toutes les soci&eacute;t&eacute;s, on ne peut pas conclure que
tous les humains condamnent l&rsquo;inceste. Je crois que de nombreux humains
pratiquent l&rsquo;inceste, et que de nombreux humains ont des d&eacute;sirs explicitement
incestueux (je ne parle pas de pulsions inconscientes). Je ne sais pas si une
&eacute;tude chiffr&eacute;e, dont on devine la difficult&eacute;, a &eacute;t&eacute; tent&eacute;e &agrave; ce sujet. D&rsquo;apr&egrave;s
ce document (La violence familiale au Canada, un profil statistique, tableau
p.34), en 2005, un sous-ensemble de services de police couvrant 23 millions de
Canadiens, soit 71% de la population totale, a recens&eacute; 2398 victimes
d&rsquo;agressions sexuelles &acirc;g&eacute;es de 0 &agrave; 17 ans, de la part d&rsquo;un parent, d&rsquo;un fr&egrave;re
ou d&rsquo;une s&oelig;ur. On ne peut rien en conclure, c&rsquo;est entendu. C&rsquo;est par exp&eacute;rience
et par des t&eacute;moignages de proches que j&rsquo;ai acquis la croyance que les pratiques
incestueuses n&rsquo;&eacute;taient pas rares : un tel savoir est difficilement
communicable, j&rsquo;en conviens."""""<br /> <br /><b> &gt;&gt; Vous r&eacute;pondez de vous-m&ecirc;me &agrave; vos interrogations : ce n'est pas parce
qu'il existe un interdit &agrave; l'&eacute;chelle de la soci&eacute;t&eacute; qu'il sera n&eacute;cessairement
int&eacute;rioris&eacute; par les individus (et cela vaut &eacute;galement pour l&rsquo;explication
biologique : la nature aussi a des rat&eacute;s). Mais cette r&eacute;alit&eacute; vaut pour toutes
les conduites anti-sociales, du meurtre au cannibalisme. Je doute pourtant que
vous en fassiez un motif valable de lev&eacute;e de l'interdit du meurtre ou du
cannibalisme. Inutile &eacute;galement de pr&eacute;ciser que ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;une
conduite existe (si j&rsquo;admets un instant votre argument selon lequel les
pratiques incestueuses ne seraient pas rares) que cela la rend automatiquement <em>l&eacute;gitime</em>,
tant pour l&rsquo;individu que pour la soci&eacute;t&eacute;. Par ailleurs, ce n'est pas parce que
de nombreuses agressions sexuelles se d&eacute;roulent, comme vous l'&eacute;crivez &agrave; juste
tire, dans le cadre familial, que cela t&eacute;moigne de la puissance d'un
hypoth&eacute;tique d&eacute;sir incestueux. On peut aborder cet &eacute;tat de fait d&rsquo;un point de
vue &eacute;conomique (c&rsquo;est dans l&rsquo;air du temps, en plus)&nbsp;: si la famille est le
th&eacute;&acirc;tre privil&eacute;gi&eacute; d'agressions sexuelles, c'est peut-&ecirc;tre tout simplement
parce que ce th&eacute;&acirc;tre est tout proche et que son entr&eacute;e en sc&egrave;ne implique un
co&ucirc;t minimal. Il est beaucoup plus facile &agrave; un homme d&rsquo;abuser de sa fille &agrave;
domicile (outre la proximit&eacute; physique, il y a le poids de l'autorit&eacute; parentale,
avec un peu de chance, la gamine ne fera pas d'histoires et gardera le secret)
que de trouver une cible au-dehors, de la contraindre, de la violer, puis de
prendre la fuite, le tout sans se faire remarquer par quiconque.</b></p>
<p class="MsoNormal"><b>&nbsp;</b></p>
<p class="MsoNormal"><b>Que vous dire, en conclusion&nbsp;? Que vous &ecirc;tes r&eacute;solument
moderne, voire progressiste (les deux notions se confondant toujours plus,
puisque le progr&egrave;s se r&eacute;sume d&eacute;sormais &agrave; cette esp&egrave;ce de fuite en avant, dans
une logique de dissolution g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e), tandis que je m&rsquo;enorgueillis de ne l&rsquo;&ecirc;tre
pas. Il est assez frappant que d&eacute;sormais toute relation humaine se con&ccedil;oive
sous la forme du contrat et encore qu&rsquo;&agrave; partir du moment o&ugrave; elle se con&ccedil;oit de
la sorte, alors elle est tenue pour l&eacute;gitime et par suite, l&eacute;gale. D&rsquo;ailleurs, ce
qu&rsquo;il subsiste d&rsquo;ill&eacute;gal aujourd&rsquo;hui ne tardera pas &agrave; &ecirc;tre autoris&eacute; demain au
nom de la libert&eacute;&nbsp;: c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en Allemagne, l&rsquo;inceste (Patrick et
Susan St&uuml;bing) et le cannibalisme (Armin Meiwes et Bernd J&uuml;rgen Brandes),
justement, ont donn&eacute; lieu &agrave; d&rsquo;&eacute;mouvantes croisades de la part de quelques
"lib&eacute;raux" afin qu&rsquo;ils soient enfin reconnus en tant que pratiques
que chacun pourrait exercer <em>de plein droit</em>. Pour l&rsquo;heure, le lib&eacute;ralisme
a perdu ces batailles, mais je ne doute pas qu&rsquo;il gagnera prochainement la
guerre. Il faut d&rsquo;abord pr&eacute;parer les esprits. Par exemple avec un film sur
l&rsquo;inceste fr&egrave;re-s&oelig;ur en comp&eacute;tition au festival de Cannes (<em>Delta</em>, de Kornel Mundruczo). <br /></b></p>
<p class="MsoNormal"><b>J'ignore o&ugrave; tout cela nous m&egrave;nera mais je crois que s'il est une <em>fin de l'Histoire</em>, alors elle s'approche &agrave; grand pas, voire, a d&eacute;j&agrave; eu lieu sans que personne (en dehors de quelques diables, &agrave; l'instar de Philippe Muray) ne s'en &eacute;meuve.</b></p>
<p class="MsoNormal"><b><br />Chaleureusement. <br /></b></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 12 Jun 2008 17:33:23 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28360081</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28305419</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br />&nbsp;<br />Voici enfin un compl&eacute;ment &agrave; ma r&eacute;ponse du 25/05, qui portait sur votre commentaire 5 post&eacute; le 13/05/2008, 17:26:58.<br />Lorsque
vous avez mentionn&eacute; les travaux de psychologie cognitive relatifs aux
biais interpr&eacute;tatifs li&eacute;s &agrave; la d&eacute;pression, je n&rsquo;avais pas compris que
ces travaux portaient sur la m&eacute;taphysique du d&eacute;pressif, ou encore, sur
la conception du monde que la d&eacute;pression pourrait induire. Vos auteurs
ont-ils trouv&eacute; la vraie m&eacute;taphysique, &agrave; l&rsquo;aune de laquelle ils se
sentent capables d&rsquo;&eacute;valuer celle du d&eacute;pressif ? J&rsquo;en doute, mais je ne
suis qu&rsquo;un profane ;=) Si ces travaux montrent qu&rsquo;un d&eacute;pressif r&eacute;ussit
moins bien un test type QI qu&rsquo;une personne saine, je ne les remets pas
en cause. Mais selon ce crit&egrave;re, une simple grippe suffit &agrave; alt&eacute;rer la
lucidit&eacute; d&rsquo;un malade. Et de m&ecirc;me qu&rsquo;il est possible, tout en &eacute;tant
ivre, de r&eacute;soudre correctement une &eacute;quation, de m&ecirc;me il est possible,
pour un d&eacute;pressif, de se forger une conception du monde coh&eacute;rente. La
m&eacute;taphysique du d&eacute;pressif n&rsquo;est pas fausse, elle est invivable. Ce
n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il se trompe que le d&eacute;pressif est malade, mais parce
que la vie l&rsquo;ennuie. Au point de vue th&eacute;orique, la m&eacute;taphysique du
d&eacute;pressif n&rsquo;est pas moins vraie qu&rsquo;une autre : simplement, pour vivre,
mieux vaut ne pas &ecirc;tre d&eacute;pressif.<br />--------------------- <br />J&rsquo;ai
encore du mal &agrave; saisir quel motif vous fait condamner l&rsquo;inceste. Vous
avez commenc&eacute; par invoquer l&rsquo;inhibition envers les familiers : &laquo;
L'inceste n'est pas condamnable en vertu d'un tropisme culturel qui
serait, comme par hasard, universellement partag&eacute;, mais parce que
l'interdit de l'inceste est ancr&eacute; biologiquement (inhibition sexuelle
envers les familiers), ce qui en a fait un fondement anthropologique &raquo;
(commentaire n&deg; 1, du 05/05/2008 12:13:14). D&rsquo;apr&egrave;s cette explication,
c&rsquo;est parce que l&rsquo;inceste serait r&eacute;prouv&eacute; par tous les humains qu&rsquo;il
serait condamnable. Quelques jours plus tard, cependant, vous
proposerez un autre fondement : &laquo; S'il faut conserver l'interdit de
l'inceste, c'est parce qu'il constitue justement un fondement du lien
social, dans toute soci&eacute;t&eacute; (contrairement &agrave; ce que vous affirmez, cet
interdit est universel, ce qui tend par ailleurs &agrave; corroborer un peu
plus, s'il &eacute;tait besoin, son origine naturelle) et que sa dissolution
expose &agrave; des cons&eacute;quences funestes. &raquo; D&rsquo;apr&egrave;s cette explication,
l&rsquo;inceste est condamnable non pas parce qu&rsquo;il est r&eacute;prouv&eacute; par tous les
humains, mais parce qu&rsquo;il constitue un danger pour l&rsquo;unit&eacute; sociale
(commentaire n&deg; 5 du 13/05/2008 17:26:58). Votre premi&egrave;re explication
est naturaliste : par nature, l&rsquo;inceste r&eacute;pugne &agrave; tous les humains, et
c&rsquo;est pourquoi il est condamnable ; votre seconde explication est
cons&eacute;quentialiste : c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a des cons&eacute;quences n&eacute;fastes sur
l&rsquo;unit&eacute; sociale qu&rsquo;il faut condamner l&rsquo;inceste. Qu&rsquo;est-ce donc qui,
d&rsquo;apr&egrave;s vous, fonde l&rsquo;interdiction de l&rsquo;inceste ?<br />&nbsp;<br />D&rsquo;ailleurs,
l&rsquo;humanit&eacute; condamne-t-elle unanimement l&rsquo;inceste ? La r&eacute;ponse doit &ecirc;tre
nuanc&eacute;e. On peut dire que des prohibitions touchant l&rsquo;inceste se
remarquent dans toutes les soci&eacute;t&eacute;s. On peut en ce sens parler de
prohibition universelle de l&rsquo;inceste, en gardant &agrave; l&rsquo;esprit que cette
prohibition prend les formes les plus diverses. Mais ce qui vaut de la
soci&eacute;t&eacute; ne vaut pas de l&rsquo;individu : de ce que la prohibition de
l&rsquo;inceste se remarque dans toutes les soci&eacute;t&eacute;s, on ne peut pas conclure
que tous les humains condamnent l&rsquo;inceste. Je crois que de nombreux
humains pratiquent l&rsquo;inceste, et que de nombreux humains ont des d&eacute;sirs
explicitement incestueux (je ne parle pas de pulsions inconscientes).
Je ne sais pas si une &eacute;tude chiffr&eacute;e, dont on devine la difficult&eacute;, a
&eacute;t&eacute; tent&eacute;e &agrave; ce sujet. D&rsquo;apr&egrave;s ce document (<a href="http://www.phac-aspc.gc.ca/ncfv-cnivf/violencefamiliale/pdfs/fv-85-224-XIF2007001.pdf">La violence familiale au Canada, un profil statistique</a>, tableau p.34),
en 2005, un sous-ensemble de services de police couvrant 23 millions de
Canadiens, soit 71% de la population totale, a recens&eacute; 2398 victimes
d&rsquo;agressions sexuelles &acirc;g&eacute;es de 0 &agrave; 17 ans, de la part d&rsquo;un parent,
d&rsquo;un fr&egrave;re ou d&rsquo;une s&oelig;ur. On ne peut rien en conclure, c&rsquo;est entendu.
C&rsquo;est par exp&eacute;rience et par des t&eacute;moignages de proches que j&rsquo;ai acquis
la croyance que les pratiques incestueuses n&rsquo;&eacute;taient pas rares : un tel
savoir est difficilement communicable, j&rsquo;en conviens.<br />]]></description>
        <pubDate>Tue, 10 Jun 2008 23:45:38 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28305419</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28028974</link>        <description><![CDATA[Bonjour Nathanael,<br /><br />Pas de probl&egrave;me, je comprends tout &agrave; fait ! Je guette votre prochaine r&eacute;ponse. A bient&ocirc;t.<br /><br />Lo&iuml;c<br />]]></description>
        <pubDate>Mon, 02 Jun 2008 16:23:04 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28028974</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28010265</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br />&nbsp;<br />Je ne vous oublie pas !<br />&nbsp;<br />Je suis juste d&eacute;bord&eacute; :=(<br />&nbsp;<br />A bient&ocirc;t !]]></description>
        <pubDate>Sun, 01 Jun 2008 23:52:24 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment28010265</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27797532</link>        <description><![CDATA[Bonjour Nathanael,<br /><br />Voici quelques commentaires, en attendant votre r&eacute;ponse d&eacute;finitive.<br /><br />
<div>"""""Le
relativisme moral que je d&eacute;fends ne soutient que tout se vaut, mais que
rien ne vaut absolument : il consiste &agrave; rapporter les jugements de
valeur &agrave; leurs conditions de validit&eacute;. Les jugements &laquo; c&rsquo;est bon &raquo;, &laquo;
c&rsquo;est mauvais &raquo; valent relativement &agrave; un ensemble de conditions, et pas
absolument. Les pr&eacute;misses : &laquo; la race aryenne est sup&eacute;rieure aux autres
races &raquo;, et &laquo; la race juive repr&eacute;sente un danger pour la race aryenne
&raquo;, permettent d&rsquo;&eacute;noncer le jugement : &laquo; le g&eacute;nocide des juifs est bon
&raquo;. Personnellement, je suis humaniste, et je prends pour maxime cette
r&eacute;plique de <em>l&rsquo;Asinaria :</em> &laquo; je suis un humain, et je crois que
rien de ce qui est humain ne m&rsquo;est &eacute;tranger &raquo;. L&rsquo;humanisme ainsi d&eacute;fini
est incompatible avec le nazisme, qui voit dans le juif un &eacute;tranger :
c&rsquo;est en tout cas l&rsquo;argument que j&rsquo;opposerais &agrave; un nazi qui se
r&eacute;clamerait de la maxime de Plaute, &agrave; condition, bien entendu, qu&rsquo;il
accepte aussi le principe de non-contradiction. La discussion
rationnelle, qui requiert un terrain d&rsquo;entente minimal, serait alors
possible."""""</div>
<div>&nbsp;</div>
<div><strong>&gt;&gt; Je maintiens :
vous ne poussez pas votre raisonnement jusqu'&agrave; son terme. Si, suivant
votre d&eacute;finition, rien ne vaut absolument, alors c'est aussi le cas de
la raison et par suite rien n'oblige quelqu'un&nbsp;ne partageant pas votre
humanisme &agrave; argumenter (et inversement, rien ne vous force &agrave;
argumenter&nbsp;votre humanisme, un caprice ou une r&eacute;v&eacute;lation mystique
feront tout aussi bien l'affaire) ; dit autrement, dans le relativisme
moral (qui se d&eacute;lite toujours en relativisme cognitif), rien,
pr&eacute;cis&eacute;ment, ne fonde un quelconque "terrain d'entente minimal".</strong> <br />&nbsp;<br />"""""Je
ne vois pas de raison de pr&eacute;f&eacute;rer un Aryen &agrave; un juif. Mais je n&rsquo;en vois
pas non plus de pr&eacute;f&eacute;rer un humain &agrave; un chien. Les arguments qu&rsquo;on
invoquerait pour &eacute;tablir la sup&eacute;riorit&eacute; des Aryens sur les juifs, ou
des humains sur les chiens, viennent apr&egrave;s la pr&eacute;f&eacute;rence qu&rsquo;on a
accord&eacute;e l&agrave; aux Aryens, ici aux humains. Mon humanisme s&rsquo;ancre dans un
sentiment qui me relie &agrave; l&rsquo;humanit&eacute; enti&egrave;re. Je crois qu&rsquo;il est
impossible de comprendre une morale si l&rsquo;on n&rsquo;&eacute;prouve pas de sentiment.
Un sentiment n&rsquo;est pas un th&eacute;or&egrave;me : on ne peut le d&eacute;montrer. Une
morale de la raison pure n&rsquo;a aucun sens."""""</div>
<div>&nbsp;</div>
<div><strong>&gt;&gt;
Sauf qu'un sentiment se partage... ou non. Vous vous reliez &agrave;
l'humanit&eacute;, d'autres se relieront &agrave; la race (et nous retrouvons notre
aryen) et d'autres encore&nbsp;&agrave; l'ensemble des &ecirc;tres vivants (de l&agrave;
certains "&eacute;cologistes profonds" qui&nbsp;d&eacute;noncent un pr&eacute;tendu "sp&eacute;cisme" et
r&ecirc;vent de la disparition de l'humanit&eacute; pour sauvegarder la Nature).
Et&nbsp;aucun ne peut <em>d&eacute;montrer</em>, pr&eacute;cis&eacute;ment,&nbsp;la validit&eacute; de sa
position. C'est pourquoi je pense au contraire que la morale doit &ecirc;tre
rationnelle. Une morale du sentiment, ou de la sensibilit&eacute;, s'expose &agrave;
n'&ecirc;tre jamais que personnelle, c'est-&agrave;-dire &agrave; se r&eacute;futer
elle-m&ecirc;me.&nbsp;Notez que c'est cette morale-l&agrave; qui triomphe aujourd'hui.
Celui qui a l'outrecuidance de penser&nbsp;en termes d'objectivit&eacute; et
d'universalit&eacute; se voit bien vite accus&eacute; de dogmatisme, quand ce n'est
pas de fascisme, purement et simplement.</strong>&nbsp;<br />&nbsp;<br />"""""Vous semblez
ramener le d&eacute;sir sous la seule d&eacute;pendance du principe de plaisir.
D&rsquo;apr&egrave;s vous, il ne serait pas correct d&rsquo;appeler d&eacute;sir une intention
dans laquelle la r&eacute;alit&eacute; a &eacute;t&eacute; prise en compte. Le concept de d&eacute;sir
d&eacute;lib&eacute;r&eacute;, cependant, est&nbsp; bien attest&eacute; par la tradition philosophique :
il me suffira de vous renvoyer &agrave; Hobbes et Spinoza. Chez Hobbes, le
d&eacute;sir se forme au terme d&rsquo;une d&eacute;lib&eacute;ration, con&ccedil;ue comme un calcul.
M&ecirc;me Kant qualifie la volont&eacute; de facult&eacute; sup&eacute;rieure de d&eacute;sirer."""""</div>
<div>&nbsp;</div>
<div><strong>&gt;&gt;
J'ai l'impression que vous m'avez lu un peu vite. J'avais en effet
distingu&eacute;, dans mon pr&eacute;c&eacute;dent message, entre un&nbsp;d&eacute;sir infantile, "sous
la seule d&eacute;pendance du principe de plaisir" et un d&eacute;sir adulte,
int&eacute;grant le principe de r&eacute;alit&eacute;. Du fait de la confusion possible (et
r&eacute;alis&eacute;e de fait par vos soins ici m&ecirc;me !) entre ces&nbsp;deux postures,
j'interrogeais la pertinence d'utiliser le m&ecirc;me terme de "d&eacute;sir".</strong> <br />&nbsp;<br />"""""Sur
la valeur de la vie, voici l&rsquo;alternative devant laquelle vos id&eacute;es vous
placent: soit vous consid&eacute;rez que toute vie vaut absolument la peine
d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, et dans ce cas vous devez admettre que Chantal S&eacute;bire a
eu tort de se suicider, soit vous consid&eacute;rez qu&rsquo;il y a des cas o&ugrave; la
vie ne vaut absolument plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue. Et dans ce cas, une
Chantal S&eacute;bire qui aurait refus&eacute; de mourir aurait &eacute;t&eacute; dans l&rsquo;erreur :
il aurait fallu la convaincre de se suicider, tout comme il faut
convaincre le d&eacute;pressif de rester en vie. Si le jugement : &laquo; la vie de
Chantal S&eacute;bire ne vaut pas d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cu &raquo; est absolument vrai, alors la
d&eacute;cision de vivre ou de mourir que prend Chantal S&eacute;bire ne change rien
&agrave; la v&eacute;rit&eacute; de ce jugement.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Pour pr&eacute;senter
l&rsquo;argument diff&eacute;remment, supposons que Chantal S&eacute;bire ait cherch&eacute; &agrave;
savoir si sa vie valait absolument la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, afin de
d&eacute;cider si elle devait vivre ou mourir. D&rsquo;apr&egrave;s vous, les jugements de
valeur sont absolument vrais ou faux. Donc, d&rsquo;apr&egrave;s vous, Chantal
S&eacute;bire &eacute;tait soit dans un cas o&ugrave; sa vie ne valait plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre
v&eacute;cue, et par cons&eacute;quent elle aurait eu tort de ne pas se suicider ;
soit Chantal S&eacute;bire &eacute;tait dans un cas o&ugrave; sa vie valait encore la peine
d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cu, et par cons&eacute;quent elle se trompait en r&eacute;clamant la mort.
Dans l&rsquo;optique qui est la v&ocirc;tre, la d&eacute;cision de Chantal S&eacute;bire ne
devrait rien changer au fait que sa vie valait ou non la peine d&rsquo;&ecirc;tre
v&eacute;cue. Car dans votre optique, c&rsquo;est la reconnaissance du fait que sa
vie ne valait plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, qui aurait d&ucirc; conduire
Chantal S&eacute;bire &agrave; se suicider. Car enfin, &agrave; moins de prendre ma mani&egrave;re
de penser, vous n&rsquo;allez pas tout de m&ecirc;me pas faire du seul caprice d&rsquo;un
malade la pierre de touche de la valeur de la vie ?"""""</div>
<div><strong></strong>&nbsp;</div>
<div><strong>&gt;&gt;&nbsp;Oui,
vous avez bien compris ma position. En ajoutant que quelque soit la
"v&eacute;rit&eacute; du jugement" sur un cas particulier, il n'appartient jamais, en
derni&egrave;re instance, qu'&agrave; la personne consid&eacute;r&eacute;e de le poser en acte.
Parce que, encore une fois, on n'impose pas le Bien. Et c'est bien le
danger de l'euthanasie, &agrave; plus forte raison par son inscription dans la
loi (rappelons que la derni&egrave;re soci&eacute;t&eacute; &agrave; l'avoir fait fut le IIIe
Reich, sans &eacute;voquer, <em>aujourd'hui</em>, les d&eacute;rives qui se font
jour dans les pays europ&eacute;ens ayant franchi le pas) que de s'&eacute;riger,
avec&nbsp;d'autres mesures, en "tyrannie du Bien". Entre cette derni&egrave;re et
l'idol&acirc;trie du libre choix, il y a un juste milieu et c'est la
voie/voix de la raison.</strong></div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 26 May 2008 16:02:54 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27797532</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27778650</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br />&nbsp;<br />Je n'ai pas termin&eacute;, mais voici de quoi vous faire patienter ;=)<br />&nbsp;<br />Le relativisme moral que je d&eacute;fends ne soutient que tout se vaut, mais que rien ne vaut absolument : il consiste &agrave; rapporter les jugements de valeur &agrave; leurs conditions de validit&eacute;. Les jugements &laquo; c&rsquo;est bon &raquo;, &laquo; c&rsquo;est mauvais &raquo; valent relativement &agrave; un ensemble de conditions, et pas absolument. Les pr&eacute;misses : &laquo; la race aryenne est sup&eacute;rieure aux autres races &raquo;, et &laquo; la race juive repr&eacute;sente un danger pour la race aryenne &raquo;, permettent d&rsquo;&eacute;noncer le jugement : &laquo; le g&eacute;nocide des juifs est bon &raquo;. Personnellement, je suis humaniste, et je prends pour maxime cette r&eacute;plique de <em>l&rsquo;Asinaria :</em> &laquo; je suis un humain, et je crois que rien de ce qui est humain ne m&rsquo;est &eacute;tranger &raquo;. L&rsquo;humanisme ainsi d&eacute;fini est incompatible avec le nazisme, qui voit dans le juif un &eacute;tranger : c&rsquo;est en tout cas l&rsquo;argument que j&rsquo;opposerais &agrave; un nazi qui se r&eacute;clamerait de la maxime de Plaute, &agrave; condition, bien entendu, qu&rsquo;il accepte aussi le principe de non-contradiction. La discussion rationnelle, qui requiert un terrain d&rsquo;entente minimal, serait alors possible.<br />&nbsp;<br />Je ne vois pas de raison de pr&eacute;f&eacute;rer un Aryen &agrave; un juif. Mais je n&rsquo;en vois pas non plus de pr&eacute;f&eacute;rer un humain &agrave; un chien. Les arguments qu&rsquo;on invoquerait pour &eacute;tablir la sup&eacute;riorit&eacute; des Aryens sur les juifs, ou des humains sur les chiens, viennent apr&egrave;s la pr&eacute;f&eacute;rence qu&rsquo;on a accord&eacute;e l&agrave; aux Aryens, ici aux humains. Mon humanisme s&rsquo;ancre dans un sentiment qui me relie &agrave; l&rsquo;humanit&eacute; enti&egrave;re. Je crois qu&rsquo;il est impossible de comprendre une morale si l&rsquo;on n&rsquo;&eacute;prouve pas de sentiment. Un sentiment n&rsquo;est pas un th&eacute;or&egrave;me : on ne peut le d&eacute;montrer. Une morale de la raison pure n&rsquo;a aucun sens.<br />&nbsp;<br />Vous semblez ramener le d&eacute;sir sous la seule d&eacute;pendance du principe de plaisir. D&rsquo;apr&egrave;s vous, il ne serait pas correct d&rsquo;appeler d&eacute;sir une intention dans laquelle la r&eacute;alit&eacute; a &eacute;t&eacute; prise en compte. Le concept de d&eacute;sir d&eacute;lib&eacute;r&eacute;, cependant, est&nbsp; bien attest&eacute; par la tradition philosophique : il me suffira de vous renvoyer &agrave; Hobbes et Spinoza. Chez Hobbes, le d&eacute;sir se forme au terme d&rsquo;une d&eacute;lib&eacute;ration, con&ccedil;ue comme un calcul. M&ecirc;me Kant qualifie la volont&eacute; de facult&eacute; sup&eacute;rieure de d&eacute;sirer.<br />&nbsp;<br />Sur la valeur de la vie, voici l&rsquo;alternative devant laquelle vos id&eacute;es vous placent: soit vous consid&eacute;rez que toute vie vaut absolument la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, et dans ce cas vous devez admettre que Chantal S&eacute;bire a eu tort de se suicider, soit vous consid&eacute;rez qu&rsquo;il y a des cas o&ugrave; la vie ne vaut absolument plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue. Et dans ce cas, une Chantal S&eacute;bire qui aurait refus&eacute; de mourir aurait &eacute;t&eacute; dans l&rsquo;erreur : il aurait fallu la convaincre de se suicider, tout comme il faut convaincre le d&eacute;pressif de rester en vie. Si le jugement : &laquo; la vie de Chantal S&eacute;bire ne vaut pas d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cu &raquo; est absolument vrai, alors la d&eacute;cision de vivre ou de mourir que prend Chantal S&eacute;bire ne change rien &agrave; la v&eacute;rit&eacute; de ce jugement.<br />&nbsp;<br />Pour pr&eacute;senter l&rsquo;argument diff&eacute;remment, supposons que Chantal S&eacute;bire ait cherch&eacute; &agrave; savoir si sa vie valait absolument la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, afin de d&eacute;cider si elle devait vivre ou mourir. D&rsquo;apr&egrave;s vous, les jugements de valeur sont absolument vrais ou faux. Donc, d&rsquo;apr&egrave;s vous, Chantal S&eacute;bire &eacute;tait soit dans un cas o&ugrave; sa vie ne valait plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, et par cons&eacute;quent elle aurait eu tort de ne pas se suicider ; soit Chantal S&eacute;bire &eacute;tait dans un cas o&ugrave; sa vie valait encore la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cu, et par cons&eacute;quent elle se trompait en r&eacute;clamant la mort. Dans l&rsquo;optique qui est la v&ocirc;tre, la d&eacute;cision de Chantal S&eacute;bire ne devrait rien changer au fait que sa vie valait ou non la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue. Car dans votre optique, c&rsquo;est la reconnaissance du fait que sa vie ne valait plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue, qui aurait d&ucirc; conduire Chantal S&eacute;bire &agrave; se suicider. Car enfin, &agrave; moins de prendre ma mani&egrave;re de penser, vous n&rsquo;allez pas tout de m&ecirc;me pas faire du seul caprice d&rsquo;un malade la pierre de touche de la valeur de la vie ? <br /><br />]]></description>
        <pubDate>Sun, 25 May 2008 23:50:16 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27778650</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27590406</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c,
La semaine s'annonce charg&eacute;e...<br />&nbsp;<br />Je ne pourrai donner signe de vie avant le week-end prochain.<br />&nbsp;<br />A bient&ocirc;t !]]></description>
        <pubDate>Tue, 20 May 2008 07:49:35 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27590406</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27444139</link>        <description><![CDATA[C'est not&eacute; !]]></description>
        <pubDate>Fri, 16 May 2008 08:44:48 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27444139</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27434882</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br /><br />Comme j'aimerais pouvoir mieux comprendre votre point de vue, et comme je crois pouvoir encore verser quelques &eacute;l&eacute;ments nouveaux &agrave; notre discussion, je vais de nouveau vous demander quelques jours de patience...<br />]]></description>
        <pubDate>Thu, 15 May 2008 21:55:06 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27434882</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27353264</link>        <description><![CDATA["""""Le relativisme moral ne dit rien, sinon que nos jugements moraux ne valent pas dans l&rsquo;absolu. Etre relativiste ne m&rsquo;emp&ecirc;che pas d&rsquo;&eacute;noncer des jugements de valeur. Ces jugements ne sont pas fond&eacute;s sur la nature ou la loi : ils suivent de mes choix existentiels. Si l&rsquo;on d&eacute;cide de vivre en humaniste, alors il faut rejeter le nazisme, le stalinisme, le machisme, et toute forme de meurtre. Je n&rsquo;ai rien &agrave; objecter &agrave; un antis&eacute;mite : en revanche, si cet antis&eacute;mite se dit par ailleurs humaniste, on peut lui d&eacute;montrer qu&rsquo;il se contredit. En morale comme en science, la discussion rationnelle ne vaut pas absolument : elle doit toujours &ecirc;tre rapport&eacute;e &agrave; des axiomes ou &agrave; des conventions premi&egrave;res."""""<br /><br />&gt;&gt; Voil&agrave; d&eacute;j&agrave; un point sur lequel nous ne sommes pas d'accord. Comme je vous le disais dans mon pr&eacute;c&eacute;dent message, le relativisme moral, ce n'est pas que le simple constat anthropologique de la diversit&eacute; des morales &agrave; travers le monde, mais pr&eacute;cis&eacute;ment l'affirmation d'une &eacute;quivalence de toutes ces morales. Si donc vous d&eacute;cidez de vivre "en humaniste", non seulement vous n'avez strictement aucun &eacute;l&eacute;ment rationnel (d'ailleurs, pourquoi faudrait-il &eacute;tayer votre posture rationnellement, la primaut&eacute; de la raison n'est-elle pas une exception culturelle, i.e. occidentale ?) &agrave; l'appui de ce choix, mais en outre vous n'avez rien &agrave; objecter &agrave; quiconque n'entend pas vous suivre dans ce choix. Vous dites que vous pouvez d&eacute;montrer qu'un antis&eacute;mite se pr&eacute;tendant humaniste se contredit. Mais sur quelles bases, pourquoi l'antis&eacute;mitisme ne ferait-il pas partie d'un humanisme nouveau, d&eacute;fini par quelque individu et soutenu par les peuples (la r&eacute;alit&eacute; historique ayant semble-t-il d&eacute;pass&eacute; ma fiction discursive il y a plus de 40 ans au niveau mondial, voire encore aujourd'hui au Proche-Orient...) ? Et au nom de quoi, sinon d'un pur arbitraire (ou d'une "convention premi&egrave;re", que vous confondez tragiquement avec un axiome, la r&eacute;alit&eacute; est-elle une "convention premi&egrave;re" ?) ? Vous ne poussez pas votre raisonnement jusqu'&agrave; son terme ; et pour cause.<br /><br />"""""Vous &eacute;crivez que le bien consiste &agrave; mettre le d&eacute;sir sous la tutelle d&rsquo;un principe qui le transcende. Soit : mais ce principe, c&rsquo;est vous qui le choisissez, si bien que c&rsquo;est parce que vous d&eacute;sirez suivre le bien que vous renoncez &agrave; d&rsquo;autres d&eacute;sirs. Je ne vois pas comment vous parviendrez &agrave; masquer cette d&eacute;cision premi&egrave;re, d&rsquo;o&ugrave; suit votre &eacute;thique."""""<br /><br />&gt;&gt; Voyez l'&eacute;cueil de votre subjectivisme : pour vous, l'individu est l'alpha et l'om&eacute;ga ; il vous semble impossible de concevoir que quelque chose le transcende et le d&eacute;termine. C'est ainsi que vous posez un "choix" qui n'en est pas un puisqu'il s'inscrit toujours dans le principe de plaisir, en lieu et place du principe du r&eacute;alit&eacute;. Et si vous tenez absolument &agrave; parler de "d&eacute;sir", &ecirc;tes-vous au moins capable de distinguer un d&eacute;sir infantile, pris dans la logique du principe de plaisir et un d&eacute;sir adulte, qui int&egrave;gre le principe de r&eacute;alit&eacute; et admet sa propre contradiction, comme une d&eacute;termination autre que l'individu lui-m&ecirc;me ? Mais dans ces conditions, est-il bien raisonnable d'utiliser le terme "d&eacute;sir" pour d&eacute;signer ces deux postures tr&egrave;s diff&eacute;rentes ?<br /><br />"""""Peut-on imposer &agrave; une personne ce qu&rsquo;on croit &ecirc;tre son bien ? D&rsquo;apr&egrave;s vous, oui, dans certains cas. Pour moi, non (je laisserais le suicidaire se jeter du haut du pont, quitte &agrave; plonger pour le rep&ecirc;cher : peut-&ecirc;tre la temp&eacute;rature de l&rsquo;eau lui aura-t-elle fait changer d&rsquo;avis&hellip;) Ce qui l&eacute;gitime l&rsquo;euthanasie, ou le suicide, dans le cas de Chantal S&eacute;bire, ce n&rsquo;est pas sa situation, mais le fait, comme vous le notez, qu&rsquo;elle avait d&eacute;cid&eacute; en conscience de mettre fin &agrave; sa vie. Et c&rsquo;est bien en conscience qu&rsquo;un d&eacute;pressif choisit de mettre fin &agrave; ses jours."""""<br /><br />&gt;&gt; Tout est dans ce "en conscience" qui, comme je vous l'expliquais pr&eacute;c&eacute;d&eacute;mment, inclut n&eacute;cessairement le contexte, sauf encore une fois &agrave; d&eacute;fendre le solipsisme. Autant Chantal S&eacute;bire prend sa d&eacute;cision en conscience, c'est-&agrave;-dire avec toutes les donn&eacute;es inh&eacute;rentes &agrave; sa situation (la d&eacute;formation irr&eacute;versible de son visage, la souffrance allant crescendo, le fait qu'elle soit condamn&eacute;e), autant le d&eacute;pressif ne saurait le faire, dans la mesure o&ugrave; sa "conscience", s'il en disposait encore, lui montrerait que sa d&eacute;cision repose sur une perception erron&eacute;e de la r&eacute;alit&eacute;.<br /><br />"""""On pourrait tirer de votre position, et bien malgr&eacute; vous, la cons&eacute;quence qu&rsquo;euthanasier Chantal S&eacute;bire e&ucirc;t &eacute;t&eacute; moins grave que la laisser se suicider. Je n&rsquo;ai pas connaissance des travaux de psychologie cognitive que vous mentionnez &agrave; propos des biais interpr&eacute;tatifs li&eacute;s &agrave; la d&eacute;pression. (Il y aurait d&rsquo;ailleurs de nombreuses pr&eacute;cautions &agrave; prendre avant d&rsquo;invoquer ce type de travaux. Rien n&rsquo;assure que la m&eacute;taphysique du d&eacute;pressif soit fausse : sa conception du monde vaut bien la n&ocirc;tre.) La maladie, dites-vous, alt&egrave;re la lucidit&eacute; des d&eacute;pressifs : emp&ecirc;chons-les de se suicider. Soyons coh&eacute;rent : la maladie alt&eacute;rait la lucidit&eacute; de Chantal S&eacute;bire (cela n&rsquo;a rien d&rsquo;&eacute;tonnant, &eacute;tant donn&eacute; les souffrances qu&rsquo;elle endurait) ; selon vos principes, il fallait donc l&rsquo;emp&ecirc;cher de se suicider. En revanche, euthanasier Chantal S&eacute;bire e&ucirc;t &eacute;t&eacute; un moindre mal, dans la mesure o&ugrave;, je vous cite, sa vie &laquo; ne valait plus la peine (au sens propre !) d'&ecirc;tre v&eacute;cue &raquo;. Pour moi, il n&rsquo;y a aucun cas, aussi tragique soit-il, o&ugrave; l&rsquo;on puisse d&eacute;clarer &agrave; la place d&rsquo;un autre, que sa vie ne vaut plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue."""""<br /><br />&gt;&gt; Je ne vois pas ce qui vous permet de d&eacute;duire de ma position une d&eacute;fense de l'euthanasie (que je distingue clairement du suicide). Lorsque je dis que la vie de Chantal S&eacute;bire ne valait plus la peine d'&ecirc;tre v&eacute;cue, je consid&egrave;re sa <em>situation</em> et fais preuve d'empathie, pour autant, dans mon optique, c'est bien &agrave; elle et &agrave; elle seule, qu'il revenait de d&eacute;cider de mettre un terme &agrave; sa vie (et c'est bien toute la probl&eacute;matique de l'euthanasie que d'introduire un tiers dans cette &eacute;quation d'intimit&eacute;). Quant au d&eacute;pressif, vous vous contredisez une nouvelle fois : soit vous admettez que sa lucidit&eacute; est d&eacute;faillante, soit vous estimez que "sa conception du monde vaut bien la n&ocirc;tre", mais vous ne pouvez pas souscrire aux deux propositions en m&ecirc;me temps. Et lorsque vous pr&eacute;tendez que rien n'assure le caract&egrave;re fallace de sa "m&eacute;taphysique", par-del&agrave; la provocation, je retrouve votre ambivalence fondamentale : d'un c&ocirc;t&eacute;, vous vous r&eacute;clamez de la raison mais d&egrave;s que vous en avez l'occasion, vous l'&eacute;conduisez sans m&eacute;nagement. Il faut choisir, Nathanael.<br /><br />"""""Je ne m&rsquo;attendais pas &agrave; ce que vous condamniez l&rsquo;inceste. Pour moi, les relations sexuelles entre membres d&rsquo;une m&ecirc;me famille ne constituent pas une faute, &agrave; partir du moment o&ugrave; elles ne sont pas impos&eacute;es aux personnes. La fa&ccedil;on dont vous justifiez la condamnation de l&rsquo;inceste n&rsquo;est pas moins surprenante : au lieu d&rsquo;insister sur les &eacute;ventuels dommages que pourraient entra&icirc;ner les relations incestueuses, vous invoquez &laquo; l&rsquo;inhibition envers les familiers &raquo;, un autre nom pour la voix de la nature. L&rsquo;inhibition envers les familiers n&rsquo;est qu&rsquo;une explication possible, parmi d&rsquo;autres, de la condamnation de l&rsquo;inceste : la transmutation de ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;une hypoth&egrave;se d&rsquo;&eacute;thologie en imp&eacute;ratif cat&eacute;gorique demeure pour moi myst&eacute;rieuse. Ensuite, les relations incestueuses sont fr&eacute;quentes, et plus encore le sont les d&eacute;sirs incestueux : l&rsquo;inhibition envers les familiers n&rsquo;est pas universelle, et ceux qui ne la ressentent pas n&rsquo;ont pas de raison de condamner l&rsquo;inceste. Enfin, et c&rsquo;est le plus important, quand bien m&ecirc;me la nature nous interdirait-elle l&rsquo;inceste, il resterait toujours &agrave; se demander s&rsquo;il faut ou non &eacute;couter la nature. Pour moi, ce qui doit &ecirc;tre n&rsquo;est pas fond&eacute; sur ce qui est, tout simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de fondement &agrave; ce qui doit &ecirc;tre."""""<br /><br />&gt;&gt; Vous ne comprenez pas le passage de l'inhibition envers les familiers &agrave; l'interdit de l'inceste, alors qu'il n'y a l&agrave; que la traduction d'une loi naturelle en fondement du lien social. Faut-il ou non &eacute;couter la nature est un faux d&eacute;bat, dans la mesure o&ugrave; tout ce que nous sommes vient de la nature, sauf &agrave; faire de l'&ecirc;tre humain, par je ne sais quel miracle, un "empire dans un empire" (Spinoza). Et le fait que l'&ecirc;tre humain, via l'&eacute;volution, soit devenu capable de contrarier l'&eacute;volution (Darwin), ne signifie pas qu'il faille la contrarier syst&eacute;matiquement. Ce qui permet de faire le tri ? La raison, encore une fois. S'il faut conserver l'interdit de l'inceste, c'est parce qu'il constitue justement un fondement du lien social, dans <em>toute</em> soci&eacute;t&eacute; (contrairement &agrave; ce que vous affirmez, cet interdit est universel, ce qui tend par ailleurs &agrave; corroborer un peu plus, s'il &eacute;tait besoin, son origine naturelle) et que sa dissolution expose &agrave; des cons&eacute;quences funestes. Vous avancez que les relations incestueuses sont fr&eacute;quentes : pourriez-vous &ecirc;tre plus pr&eacute;cis ? Avez-vous des donn&eacute;es sur cette question ? Vous ajoutez que les d&eacute;sirs incestueux sont encore plus fr&eacute;quents : sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer cela ? Et comment d&eacute;terminez-vous un "d&eacute;sir incestueux" ? Un inceste, c'est objectivable. Un "d&eacute;sir incestueux", ce n'est jamais qu'une interpr&eacute;tation que certains (les psychanalystes, par excellence) pr&ecirc;tent &agrave; d'autres sur des bases plus que discutables. Et puis, un d&eacute;sir, ce n'est pas condamnable ; et quand bien m&ecirc;me des d&eacute;sirs incestueux existeraient, cela ne r&eacute;futerait pas la th&eacute;orie de l'inhibition sexuelle envers les familiers (et non pas l'hypoth&egrave;se, je vous invite &agrave; prendre connaissance des &eacute;l&eacute;ments rationnels et empiriques qui la d&eacute;montrent), au contraire, dans la mesure o&ugrave; le passage &agrave; l'acte est l'exception plus que la r&egrave;gle (&agrave; vous de prouver l'inverse).<br /><br />"""""Enfin, sur notre question d&rsquo;histoire de la philosophie, je verrais bien en Aristote le pr&eacute;curseur des th&eacute;ories d&eacute;ontologiques : et parmi ses successeurs, je citerais entre autres les sto&iuml;ciens, Kant, et Rawls. Le fait qu&rsquo;Aristote d&eacute;fende une cosmologie &laquo; t&eacute;l&eacute;ologique &raquo; n&rsquo;a pas de rapport avec le probl&egrave;me qui nous occupe. Une th&eacute;orie morale, dites-vous, est t&eacute;l&eacute;ologique si elle accorde au bien la priorit&eacute; sur le juste. Nulle part vous ne trouverez chez Aristote un tel primat du bien sur le juste. Vous avez raison de soutenir que d&rsquo;apr&egrave;s Aristote, l&rsquo;homme tend vers sa perfection comme vers sa fin, mais vous tronqueriez le texte d&rsquo;Aristote si, vous en tenant l&agrave;, vous n&rsquo;alliez pas voir comment Aristote d&eacute;finit cette perfection. Or, lorsqu&rsquo;Aristote veut d&eacute;finir la forme la plus &eacute;minente du bien, &agrave; savoir le souverain bien, il trouve naturellement la justice : le souverain bien, c&rsquo;est le bonheur ; le bonheur, c&rsquo;est l&rsquo;exercice de la vertu, et la justice est toute vertu. Souvenons ici que pour Rawls, une th&eacute;orie morale est d&eacute;ontologique si elle ne d&eacute;finit pas le bien ind&eacute;pendamment du juste."""""<br /><br />&gt;&gt; Vous continuez &agrave; m&eacute;conna&icirc;tre l'aspect finaliste (ou t&eacute;l&eacute;ologique, comment faut-il l'&eacute;crire ?!) de la doctrine morale d'Aristote. Par ailleurs, vous poursuivez dans votre d&eacute;voiement du terme "juste". Le "juste" d'Aristote n'est pas le "juste" des partisans de l'approche d&eacute;ontologique. La justice d'Aristote, c'est, vous le dites vous-m&ecirc;me, la vertu, qui est la fin supr&ecirc;me de l'individu. La justice des partisans de l'approche d&eacute;ontologique, ce sont des exigences cat&eacute;goriques que tous les agents doivent respecter afin de ne pas se g&ecirc;ner les uns les autres, quelque fin particuli&egrave;re qu'ils poursuivent par ailleurs. En d'autres termes, l'une n'a rien &agrave; voir &agrave; l'autre.]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 May 2008 17:26:58 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27353264</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27333048</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br />&nbsp;<br />Je vous soumets la r&eacute;ponse suivante. Je suis curieux de savoir si vous pensez que je vous comprends, ou non ;=)<br />&nbsp;<br />Le relativisme moral ne dit rien, sinon que nos jugements moraux ne valent pas dans l&rsquo;absolu. Etre relativiste ne m&rsquo;emp&ecirc;che pas d&rsquo;&eacute;noncer des jugements de valeur. Ces jugements ne sont pas fond&eacute;s sur la nature ou la loi : ils suivent de mes choix existentiels. Si l&rsquo;on d&eacute;cide de vivre en humaniste, alors il faut rejeter le nazisme, le stalinisme, le machisme, et toute forme de meurtre. Je n&rsquo;ai rien &agrave; objecter &agrave; un antis&eacute;mite : en revanche, si cet antis&eacute;mite se dit par ailleurs humaniste, on peut lui d&eacute;montrer qu&rsquo;il se contredit. En morale comme en science, la discussion rationnelle ne vaut pas absolument : elle doit toujours &ecirc;tre rapport&eacute;e &agrave; des axiomes ou &agrave; des conventions premi&egrave;res.<br />&nbsp;<br />Vous &eacute;crivez que le bien consiste &agrave; mettre le d&eacute;sir sous la tutelle d&rsquo;un principe qui le transcende. Soit : mais ce principe, c&rsquo;est vous qui le choisissez, si bien que c&rsquo;est parce que vous d&eacute;sirez suivre le bien que vous renoncez &agrave; d&rsquo;autres d&eacute;sirs. Je ne vois pas comment vous parviendrez &agrave; masquer cette d&eacute;cision premi&egrave;re, d&rsquo;o&ugrave; suit votre &eacute;thique.<br />&nbsp;<br />Peut-on imposer &agrave; une personne ce qu&rsquo;on croit &ecirc;tre son bien ? D&rsquo;apr&egrave;s vous, oui, dans certains cas. Pour moi, non (je laisserais le suicidaire se jeter du haut du pont, quitte &agrave; plonger pour le rep&ecirc;cher : peut-&ecirc;tre la temp&eacute;rature de l&rsquo;eau lui aura-t-elle fait changer d&rsquo;avis&hellip;) Ce qui l&eacute;gitime l&rsquo;euthanasie, ou le suicide, dans le cas de Chantal S&eacute;bire, ce n&rsquo;est pas sa situation, mais le fait, comme vous le notez, qu&rsquo;elle avait d&eacute;cid&eacute; en conscience de mettre fin &agrave; sa vie. Et c&rsquo;est bien en conscience qu&rsquo;un d&eacute;pressif choisit de mettre fin &agrave; ses jours.<br />&nbsp;<br />On pourrait tirer de votre position, et bien malgr&eacute; vous, la cons&eacute;quence qu&rsquo;euthanasier Chantal S&eacute;bire e&ucirc;t &eacute;t&eacute; moins grave que la laisser se suicider. Je n&rsquo;ai pas connaissance des travaux de psychologie cognitive que vous mentionnez &agrave; propos des biais interpr&eacute;tatifs li&eacute;s &agrave; la d&eacute;pression. (Il y aurait d&rsquo;ailleurs de nombreuses pr&eacute;cautions &agrave; prendre avant d&rsquo;invoquer ce type de travaux. Rien n&rsquo;assure que la m&eacute;taphysique du d&eacute;pressif soit fausse : sa conception du monde vaut bien la n&ocirc;tre.) La maladie, dites-vous, alt&egrave;re la lucidit&eacute; des d&eacute;pressifs : emp&ecirc;chons-les de se suicider. Soyons coh&eacute;rent : la maladie alt&eacute;rait la lucidit&eacute; de Chantal S&eacute;bire (cela n&rsquo;a rien d&rsquo;&eacute;tonnant, &eacute;tant donn&eacute; les souffrances qu&rsquo;elle endurait) ; selon vos principes, il fallait donc l&rsquo;emp&ecirc;cher de se suicider. En revanche, euthanasier Chantal S&eacute;bire e&ucirc;t &eacute;t&eacute; un moindre mal, dans la mesure o&ugrave;, je vous cite, sa vie &laquo; ne valait plus la peine (au sens propre !) d'&ecirc;tre v&eacute;cue &raquo;. Pour moi, il n&rsquo;y a aucun cas, aussi tragique soit-il, o&ugrave; l&rsquo;on puisse d&eacute;clarer &agrave; la place d&rsquo;un autre, que sa vie ne vaut plus la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue.<br />&nbsp;<br />Je ne m&rsquo;attendais pas &agrave; ce que vous condamniez l&rsquo;inceste. Pour moi, les relations sexuelles entre membres d&rsquo;une m&ecirc;me famille ne constituent pas une faute, &agrave; partir du moment o&ugrave; elles ne sont pas impos&eacute;es aux personnes. La fa&ccedil;on dont vous justifiez la condamnation de l&rsquo;inceste n&rsquo;est pas moins surprenante : au lieu d&rsquo;insister sur les &eacute;ventuels dommages que pourraient entra&icirc;ner les relations incestueuses, vous invoquez &laquo; l&rsquo;inhibition envers les familiers &raquo;, un autre nom pour la voix de la nature. L&rsquo;inhibition envers les familiers n&rsquo;est qu&rsquo;une explication possible, parmi d&rsquo;autres, de la condamnation de l&rsquo;inceste : la transmutation de ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;une hypoth&egrave;se d&rsquo;&eacute;thologie en imp&eacute;ratif cat&eacute;gorique demeure pour moi myst&eacute;rieuse. Ensuite, les relations incestueuses sont fr&eacute;quentes, et plus encore le sont les d&eacute;sirs incestueux : l&rsquo;inhibition envers les familiers n&rsquo;est pas universelle, et ceux qui ne la ressentent pas n&rsquo;ont pas de raison de condamner l&rsquo;inceste. Enfin, et c&rsquo;est le plus important, quand bien m&ecirc;me la nature nous interdirait-elle l&rsquo;inceste, il resterait toujours &agrave; se demander s&rsquo;il faut ou non &eacute;couter la nature. Pour moi, ce qui doit &ecirc;tre n&rsquo;est pas fond&eacute; sur ce qui est, tout simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de fondement &agrave; ce qui doit &ecirc;tre.<br />&nbsp;<br />Enfin, sur notre question d&rsquo;histoire de la philosophie, je verrais bien en Aristote le pr&eacute;curseur des th&eacute;ories d&eacute;ontologiques : et parmi ses successeurs, je citerais entre autres les sto&iuml;ciens, Kant, et Rawls. Le fait qu&rsquo;Aristote d&eacute;fende une cosmologie &laquo; t&eacute;l&eacute;ologique &raquo; n&rsquo;a pas de rapport avec le probl&egrave;me qui nous occupe. Une th&eacute;orie morale, dites-vous, est t&eacute;l&eacute;ologique si elle accorde au bien la priorit&eacute; sur le juste. Nulle part vous ne trouverez chez Aristote un tel primat du bien sur le juste. Vous avez raison de soutenir que d&rsquo;apr&egrave;s Aristote, l&rsquo;homme tend vers sa perfection comme vers sa fin, mais vous tronqueriez le texte d&rsquo;Aristote si, vous en tenant l&agrave;, vous n&rsquo;alliez pas voir comment Aristote d&eacute;finit cette perfection. Or, lorsqu&rsquo;Aristote veut d&eacute;finir la forme la plus &eacute;minente du bien, &agrave; savoir le souverain bien, il trouve naturellement la justice : le souverain bien, c&rsquo;est le bonheur ; le bonheur, c&rsquo;est l&rsquo;exercice de la vertu, et la justice est toute vertu. Souvenons ici que pour Rawls, une th&eacute;orie morale est d&eacute;ontologique si elle ne d&eacute;finit pas le bien ind&eacute;pendamment du juste.<br /><br />]]></description>
        <pubDate>Mon, 12 May 2008 23:01:32 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27333048</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27141897</link>        <description><![CDATA[Bonjour Nathanael,<br /> <br /> J'avais bien vu votre r&eacute;ponse sur l'euthanasie (voil&agrave; pourquoi je parlais de <em>vos</em> messages), mais cette question n'&eacute;tant qu'un cas particulier d'une perspective bien plus large, j'ai pr&eacute;f&eacute;r&eacute; r&eacute;pondre &agrave; celle-ci en englobant celle-l&agrave;.]]></description>
        <pubDate>Tue, 06 May 2008 09:24:22 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27141897</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanaël]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27136390</link>        <description><![CDATA[Bonjour Lo&iuml;c !<br />&nbsp;<br />Je ne sais pas si mon dispositif &eacute;tait tr&egrave;s lisible...<br />&nbsp;<br />J'ai d'abord abord la question de l'euthanasie dans ma r&eacute;ponse &agrave; votre commentaire :<br />http://apfelbaum.over-blog.com/article-17979046-6.html#comment26360940<br />(il faut "scroller" en bas pour trouver ma r&eacute;ponse).<br />&nbsp;<br />Puis, dans le texte "Esquisses &eacute;thiques", j'envisage la question de l'&eacute;thique d'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale.<br />&nbsp;<br />A bient&ocirc;t !<br />]]></description>
        <pubDate>Tue, 06 May 2008 00:04:59 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27136390</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27113624</link>        <description><![CDATA[<div class="contenuArticle">Bonjour Nathanael,</div>
<div class="contenuArticle">&nbsp;</div>
<div class="contenuArticle">Plusieurs remarques&nbsp;en r&eacute;ponse &agrave; vos messages :</div>
<div class="contenuArticle">&nbsp;</div>
<div class="contenuArticle">-
D'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, ce qui se d&eacute;gage de votre perspective, c'est le
subjectivisme. L'individu est l'alpha et l'om&eacute;ga, il fonde les valeurs,
fixe la "fin derni&egrave;re", dit ce qui est criminel et ce qui ne l'est pas.
Le probl&egrave;me, c'est que la conclusion du subjectivisme, c'est le
relativisme et que le relativisme, c'est la mort de la morale. Vous le
contestez, mais c'est parce que vous ne poussez pas votre propre
raisonnement jusqu'&agrave; son terme. Le relativisme moral, ce n'est pas que
le constat anthropologique de la diversit&eacute; des morales &agrave; travers le
monde. C'est l'affirmation de l'&eacute;quivalence de toutes ces morales, la
n&eacute;gation de toute hi&eacute;rarchie entre elles. Et d&egrave;s lors, seul
l'arbitraire justifie le triomphe de telle ou telle morale (autrement
dit, dans cette optique, il n'y a rien &agrave; objecter au bourreau nazi ou
communiste, au violeur de femmes, au tueur d'enfants, etc.,
comprenez-vous, Nathanael ? <em>rien,</em> sinon votre
volont&eacute;&nbsp;d'imposer votre morale particuli&egrave;re, ce qui ne pourra se&nbsp;faire
que&nbsp;par la force&nbsp;ou, plus insidieusement, la tyrannie de la majorit&eacute;,
tyrannie ill&eacute;gitime, puisque reposant sur du vide).</div>
<div class="contenuArticle">&nbsp;</div>
<div class="contenuArticle">-
Ce subjectivisme vous conduit tout naturellement &agrave; absolutiser la
demande de l'autre et &agrave; r&eacute;duire le bien au d&eacute;sir, demande et d&eacute;sir que
vous d&eacute;clinez par suite&nbsp;sur le registre de la toute-puissance au nom
d'un "primat de la libert&eacute;" qui n'est, lui aussi, &eacute;tay&eacute; par rien. Sauf
que le bien ne rel&egrave;ve pas, contrairement &agrave; ce que vous affirmez, d'un
autre d&eacute;sir ; le bien, ce n'est pas non plus tout soudain
d&eacute;sirer&nbsp;l'ind&eacute;sirable, c'est mettre le d&eacute;sir sous tutelle d'un principe
qui le transcende. Et l'on en revient &agrave; l'autonomie : l'autonomie, ce
n'est pas "faire tout ce que l'on veut" (ordre du d&eacute;sir, principe de
plaisir) mais "se donner &agrave; soi-m&ecirc;me sa propre loi" (ordre de la loi,
principe de r&eacute;alit&eacute;). Si je m'en r&eacute;f&egrave;re &agrave; votre discipline f&eacute;tiche, la
psychanalyse, cela renvoie &agrave; la castration (que le sujet postmoderne
refuse farouchement, vous lirez avec profit l'ouvrage de Charles
Melman, <em>L'homme sans gravit&eacute;</em> ; oui, c'est un ouvrage psychanalytique ! voyez, je ne suis pas sectaire ;-)).</div>
<div class="contenuArticle">&nbsp;</div>
<div class="contenuArticle">-
D'o&ugrave; il d&eacute;coule que le bien ne saurait s'imposer &agrave; autrui, mais doit,
au contraire, partir de l'&ecirc;tre, "de l'int&eacute;rieur vers l'ext&eacute;rieur". Tout
ce que peut faire un honn&ecirc;te homme, c'est &eacute;veiller le bien en autrui,
par l'argumentation et l'exemple. Bien s&ucirc;r, il y a des situations
extr&ecirc;mes qui exigent l'action. Si vous croisiez un suicidaire sur un
pont, pr&ecirc;t &agrave; se jeter &agrave; l'eau et solidement lest&eacute;, que feriez-vous ?
Vous respecteriez sa "libert&eacute;", vraiment ? Tout le probl&egrave;me ici tient &agrave; la
pertinence du "gr&eacute;" de la personne consid&eacute;r&eacute;e. Un d&eacute;pressif, par
exemple, a une lucidit&eacute; d&eacute;faillante (objectivable : voir les travaux de
la psychologie cognitive sur les biais interpr&eacute;tatifs li&eacute;s &agrave; la
d&eacute;pression). Chantal S&eacute;bire, elle, a d&eacute;cid&eacute; <em>en conscience</em> de
mettre un terme &agrave; une vie qui ne valait plus la peine (au sens propre
!) d'&ecirc;tre v&eacute;cue : elle &eacute;tait condamn&eacute;e, souffrait le martyr et
souhaitait partir dignement, avant l'in&eacute;luctable de sa d&eacute;ch&eacute;ance. On ne
peut donc r&eacute;pondre <em>a priori</em> sur la question du suicide, ou de
l'euthanasie. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas, pour chaque
situation, une r&eacute;ponse objective, que la raison peut d&eacute;terminer. Cette
r&eacute;ponse ne peut en tout cas pas se r&eacute;sumer au "gr&eacute;" de chacun. Quant au
"paternalisme" d'une telle position. Est-ce &ecirc;tre "paternaliste"que de
reconna&icirc;tre que, si vous ne pouvez pas savoir mieux que la personne ce
qu'elle d&eacute;sire, vous pouvez en revanche parfaitement (en vertu de votre
exp&eacute;rience de vie, ou de votre connaissance de la nature humaine, en
particulier) savoir mieux qu'elle ce qui est bien pour elle ? Et dans
ces conditions, n'est-il pas de votre devoir de l'en informer, &agrave; tout
le moins, voire de l'orienter dans la bonne direction ?</div>
<div class="contenuArticle">&nbsp;</div>
<div class="contenuArticle">-
Sur le passage du fait &agrave; la valeur : ce qui ne va pas de soi, c'est le
fait, dont d&eacute;coule la valeur (qu'est-ce qui fonderait la valeur, sinon
? comment d&eacute;terminer ce qui doit &ecirc;tre sans s'enqu&eacute;rir <em>au pr&eacute;alable </em>de&nbsp;ce
qui est ?), d'o&ugrave; l'importance d'une d&eacute;finition correcte de l'&ecirc;tre
humain. L'inceste n'est pas condamnable en vertu d'un tropisme culturel
qui serait, comme par hasard, universellement partag&eacute;, mais parce que
l'interdit de l'inceste est ancr&eacute; biologiquement (inhibition sexuelle
envers les familiers), ce qui en a fait un fondement anthropologique.
Et comment pourrait-il en &ecirc;tre autrement ? D'o&ugrave; viendrait l'interdit de
l'inceste, sinon ? (Cela me fait songer &agrave; mon opposition marqu&eacute;e, alors
que j'&eacute;tais &eacute;tudiant, &agrave; la th&eacute;orie des st&eacute;r&eacute;otypes comme pure
justification de la hi&eacute;rarchie sociale en place ; si cette th&eacute;orie a sa
pertinence, elle ne r&eacute;pond pas &agrave; la question de <em>l'origine</em> des
st&eacute;r&eacute;otypes, ni au&nbsp;pourquoi ils sont si universellement partag&eacute;s ; &agrave;
quoi mon professeur ne savait que r&eacute;pondre, sinon par une allusion &agrave;
quelque "th&eacute;orie du complot" qui trouve son ach&egrave;vement, par exemple,
dans l'id&eacute;e d'une "domination masculine" ch&egrave;re &agrave; un "grand"
sociologue,&nbsp;gauchiste patent&eacute; qui tr&ocirc;nait au Coll&egrave;ge de France).<br /><br />-
Sur Aristote, je retrouve le glissement s&eacute;mantique du terme "juste" que
vous r&eacute;alisiez d&eacute;j&agrave; dans votre pr&eacute;c&eacute;dent message. Dans l'approche
t&eacute;l&eacute;ologique, c'est le bien qui prime et le juste qui est le moyen appropri&eacute;,
contrairement &agrave; l'approche d&eacute;ontologique o&ugrave; le juste prime et o&ugrave; le
bien se r&eacute;duit au d&eacute;sir de chacun, consid&eacute;r&eacute; comme l&eacute;gitime d&egrave;s lors
qu'il ne contrevient pas aux droits des autres individus, le tout sans jamais&nbsp;donner de fondement&nbsp;auxdits droits (sinon en
affirmant qu'ils seraient "naturels", ce qui implique une contradiction
performative dans le cadre de l'approche d&eacute;ontologique, qui &eacute;tablit <em>de fait</em> une s&eacute;paration entre fait et valeur, mais&nbsp;s'appuie <em>de jure</em> sur une fusion entre les deux...).
Et vous faites erreur, &agrave; mon sens : pour Aristote, une action est juste
(et fait d'un homme un juste) parce qu'elle est bonne, parce qu'elle
atteint au souverain bien. En outre, vous occultez la vision finaliste
(ou <span style="font-style: italic;">t&eacute;l&eacute;ologique</span>,
pr&eacute;cis&eacute;ment) d'Aristote, que je vous rappelais dans ma derni&egrave;re r&eacute;ponse
: pour Aristote, la vertu est l'expression finale de l'&ecirc;tre, sa fin par
excellence.<br /><br />- Que vous dire, en conclusion, sinon que vous devriez changer le titre de votre billet ? <span style="font-style: italic;">Caprices &eacute;thiques</span> conviendrait bien mieux, dans la mesure o&ugrave; vous n'esquissez rien du
tout ; pis, vous effacez jusqu'au dernier trait de la morale &agrave; l'aide de
la gomme de "l'idol&acirc;trie du libre choix" (Yvan Blot).<br /></div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 05 May 2008 12:13:14 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129-6.html#comment27113624</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Nathanael]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-17979046-6.html#comment26957293</link>        <description><![CDATA[
  Si deux personnes tombent d’accord pour que l’une tue l’autre, l’homicide peut-il être qualifié de meurtre ? A mon avis non : mais il y aurait eu meurtre si la victime n’avait pas voulu cette mort.
  C’est du moins ce qu’admettent certains des partisans de l’euthanasie : ils reconnaissent qu’il y a des homicides qui ne sont pas des crimes.<br>
  <br>
  Une personne atteinte de dépression demande à se faire tuer, faut-il respecter sa volonté ? On n’y est pas obligé. Cette personne en rencontre une autre qui accepte de lui ôter la vie. Y a-t-il
  meurtre ? Je ne le crois pas. Si un médecin tue un dépressif qu’il avait à soigner, commet-il une faute ? Une faute professionnelle, assurément, et une faute morale, également, puisque comme vous
  le dites, le contrat médecin-patient est passé en vue de la santé. Raison pourquoi je me demandais plus haut (le 2 avril) si l’euthanasie pouvait entrer dans la pratique du médecin. En revanche, si
  l’homicide a lieu en dehors de la relation du patient et du médecin, alors je ne crois pas qu’il y ait de crime. Une personne peut se faire ce qu’elle veut (par exemple, se suicider) sans commettre
  de faute morale. Dès lors, pourquoi commettrait-elle une faute morale en se faisant assister par un tiers ? Et si l’on faisait subir à cette personne ce qu’elle réclame, où serait la faute ?<br>
  <br>
  Vous avez admis que vous n’empêcheriez pas un dépressif de se suicider. En parole, vous tenteriez d’infléchir sa volonté, mais dans les actes, vous la respecteriez, vous le laisseriez accomplir
  l’irréparable. Et aussi douloureux cela soit-il, il n’y a pas grand chose d’autre à faire : il vaut mieux respecter la liberté d’une personne plutôt que de lui imposer ce qu’on croit être son bien.
  Lorsque que vous écrivez : "je ne forcerais jamais quiconque à faire quoi que ce soit (comment le pourrais-je, d'ailleurs ?), mais je ne manquerais pas de le renvoyer à sa responsabilité morale",
  vous abandonnez votre thèse pour soutenir la mienne, car alors vous reconnaissez que la responsabilité de la personne importe plus que son bien. Pour le dire autrement, si vraiment vous étiez
  assuré que le bien existe, et que vous en possédiez la science, comment pourriez-vous croire que l’imposer à autrui, même contre son gré, puisse être un mal ?<br>
  <br>
  Comme vous, je n’irais pas empêcher un dépressif de se suicider. De même, je n’irais pas interdire qu’une personne en tue une autre, si les deux sont tombées d’accord sur cela. Puisse la vie
  m’épargner d’être un jour confronté à une personne qui souhaiterait que je la tue. Ce que peux dire aujourd’hui, c’est que je ne vois aucune raison morale d’interdire l’homicide, à partir du moment
  où la personne tuée a bien voulu cette mort. Mais bien entendu, il est interdit de tuer les personnes contre leur gré. Croyez-vous qu’il faille empêcher le tueur de nuire, dans le cas où il agit à
  la demande de sa victime ? Ou bien vous faut-il se contenter de ramener le tueur à sa responsabilité morale, tout en le laissant honorer son contrat ?<br>
  <br>
  Personnellement, je choisis la deuxième branche de l’alternative. En revanche, si la victime ne veut pas cette mort, il faut empêcher le tueur de nuire (car il y a des cas où l’on doit, même par la
  <a href="http://apfelbaum.over-blog.com/article-11207770.html">violence</a>, empêcher un autre de commettre certaines actions).<br>
  <br>
  Je reprends les autres éléments de votre commentaire dans <a href="http://apfelbaum.over-blog.com/article-19163129.html">l'article du jour</a>.<br>

  
]]></description>
        <pubDate>Tue, 29 Apr 2008 22:25:44 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-17979046-6.html#comment26957293</guid>
                                            </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Commentaire de Loïc]]></title>
        <link>http://apfelbaum.over-blog.com/article-17979046-6.html#comment26360940</link>        <description><![CDATA["""""En tant que mat&eacute;rialiste, je crois, pour parler un peu vite, qu&rsquo;une chose est bonne parce que je la d&eacute;sire. Pour moi, il n&rsquo;y a pas de bien en soi. Je crois que ce qu&rsquo;on appelle bien, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on voudrait voir reconnu tel par les autres. Il me para&icirc;t difficile de soutenir le mat&eacute;rialisme sans renoncer &agrave; la transcendance des valeurs. Au point de vue m&eacute;taphysique, votre position n&rsquo;est pas confortable."""""<br /><br />&gt;&gt; Je ne vois pas en quoi. Vous r&eacute;alisez ici un <em>non sequitur</em>. On peut &ecirc;tre mat&eacute;rialiste et d&eacute;fendre une objectivit&eacute; des valeurs. Au contraire, je dirais. Dans la mesure o&ugrave; tout n'est que mati&egrave;re, les valeurs &eacute;mergent n&eacute;cessairement du processus &eacute;volutif et n'ont rien d'arbitraire (ce n'est pas pour rien que d'aucuns ont parl&eacute; des fondements <em>naturels</em> de l'&eacute;thique...). C'est plut&ocirc;t votre position qui me para&icirc;t inconfortable. Car pour le coup, c'est elle introduit une "transcendance" des valeurs, celle du sujet individuel qui d&eacute;ciderait de ces derni&egrave;res, en d&eacute;miurge capricieux. Position qui confine en outre au relativisme, puisque si c'est l'individu qui d&eacute;cide des valeurs, alors tout est valable et tout se vaut ; au nom de quoi (sinon d'un autre principe arbitraire... invoqu&eacute; par qui ?) &eacute;tablirait-on une hi&eacute;rarchie des valeurs ? Et nous en venons &agrave; la contradiction de l'approche d&eacute;ontologique. Celle-ci, tout en niant une objectivit&eacute; des valeurs, s'y appuie implicitement dans sa d&eacute;finition du juste : le juste, c'est tout ce qui n'enfreint pas les droits individuels. Mais d'o&ugrave; viennent donc ces droits individuels et pourquoi faudrait-il les respecter absolument ? Parce que, r&eacute;pond l'&eacute;thique lib&eacute;rale, les droits individuels sont des droits <em>naturels</em>. Diantre, serait-ce &agrave; dire finalement qu'il existe bel et bien des valeurs objectives ?
<br /><br />"""""Au point de vue &eacute;pist&eacute;mologique, vous renoncez &agrave; la neutralit&eacute; axiologique, en revendiquant de mani&egrave;re surprenante le droit de passer du fait &agrave; la valeur. Pour vous, le bien existe &laquo; en vertu d'une norme objective, d'une loi naturelle &raquo; (commentaire n&deg;5). Pourtant, la constitution de l&rsquo;objectivit&eacute; exclut les questions de valeur : une th&eacute;orie, si elle est objective, &eacute;nonce seulement ce qui est, et non ce qui doit &ecirc;tre."""""<br /><br />&gt;&gt; Oui, vous &ecirc;tes, comme beaucoup, partisan de la <em>wertfrei</em>. Il serait donc impossible de d&eacute;duire ce qui doit &ecirc;tre de ce qui est... Mais quel est donc le fondement de ce qui doit &ecirc;tre, en ce cas ? Encore une fois, le caprice individuel ? La pire des barbaries serait donc aussi valable sur le plan axiologique que le respect de la vie humaine, &agrave; partir du moment o&ugrave; un individu l'a d&eacute;cid&eacute; ? Et puis, sur un plan strictement logique, qu'est-ce qui fonde le caprice ? En amont, &agrave; un moment ou &agrave; un autre, vous &ecirc;tes <em>contraint</em> de partir de ce qui est (serait-ce le caprice, ou le d&eacute;sir : c'est un <em>fait</em> que vous d&eacute;rivez ce qui doit &ecirc;tre du caprice ou du d&eacute;sir qui &eacute;merge en vous, mais sur quelles bases ?).<br /><br />"""""Vous semblez n&rsquo;accepter que du bout des l&egrave;vres les cons&eacute;quences &laquo; liberticides &raquo; de votre &eacute;thique. D&rsquo;une part, vous &eacute;crivez: &laquo; Je ne cherche pas &agrave; imposer ma volont&eacute; &agrave; la place de celle d'autrui &raquo; (commentaire n&deg;5), et vous admettez que l&rsquo;individu est &laquo; sans nul doute &raquo; le mieux placer pour d&eacute;cider comment vivre.
Mais d&rsquo;autre part, vous revenez sur ce que vous venez d&rsquo;accorder, lorsque vous consid&eacute;rez l&rsquo;exemple du d&eacute;pressif qui veut se suicider : &laquo; agir pour son bien, en l'occurrence, c'est aller contre sa volont&eacute; du moment pour le ramener &agrave; la raison et &agrave; la vie &raquo;."""""<br /><br />&gt;&gt; Vous occultez une fois de plus le <em>contexte</em>. Dans l'exemple du d&eacute;pressif, mon acte "liberticide" (entre guillemets, &agrave; dessein, cf. infra) repose sur le contrat th&eacute;rapeutique que j'ai pass&eacute; avec mon client et qui m'impose, &agrave; tout le moins, une obligation de moyens (voire de r&eacute;sultats). Et dans ce cadre, la demande de mon client, qui va fluctuer au cours du traitement, ne peut servir de jalon &agrave; mon intervention, il faut en appeler &agrave; une norme et ce sera en l'occurrence d'am&eacute;liorer son trouble, sinon de le gu&eacute;rir. Plus largement et je vous l'ai d&eacute;j&agrave; dit, je trouve votre position terriblement simpliste : pour vous, le bien se confond avec le d&eacute;sir. Vous n'avez &eacute;trangement pas r&eacute;pondu &agrave; la question de mon message pr&eacute;c&eacute;dent : n'avez-vous jamais fait l'exp&eacute;rience du foss&eacute; s&eacute;parant ce que vous d&eacute;sirez et ce que vous savez &ecirc;tre bien pour vous ? Par ailleurs, vous supposez, fort na&iuml;vement, que tout individu justement saurait ce qui est bien pour lui. L'exp&eacute;rience t&eacute;moigne du contraire : l'apprentissage de la vie consiste pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; d&eacute;terminer ce qui est bien pour soi, ce qui implique de faire des erreurs, d'essuyer des &eacute;checs, d'endurer la souffrance. Si le bien se confondait vraiment avec le d&eacute;sir, alors tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes et les psys n'auraient pas lieu d'&ecirc;tre (la n&eacute;vrose se d&eacute;finissant entre autres comme un conflit interne mettant en jeu les d&eacute;sirs de l'individu ; et le traitement, y compris pour votre discipline f&eacute;tiche, la psychanalyse, ne consiste certainement pas &agrave; "c&eacute;der sur son d&eacute;sir"). Et puis. "Libert&eacute;, libert&eacute;", vous &eacute;criez-vous sans cesse. Mais l&agrave; aussi, votre d&eacute;finition (implicite) de la libert&eacute; est tout &agrave; fait simpliste : la libert&eacute;, ce serait, &agrave; vous suivre, "faire ce que l'on veut". La v&eacute;ritable libert&eacute;, c'est autre chose et elle n'existe pas sans contraintes, sans normes (sinon, ce n'est qu'un mouvement dans le vide, qui ne m&eacute;rite pas le nom de libert&eacute;). Quelle libert&eacute; dans la soumission aux d&eacute;sirs et caprices individuels ? Une personne enti&egrave;rement domin&eacute;e par le principe de plaisir est-elle vraiment libre ?<br /><br />"""""Votre position manque ici de clart&eacute;. Car m&ecirc;me en supposant qu&rsquo;il existe objectivement une vie bonne, le fait que vous imposiez cette vie aux personnes (d&eacute;pressives ou vicieuses) qui s&rsquo;en d&eacute;tournent rel&egrave;verait int&eacute;gralement de votre volont&eacute;. Vous pouvez toujours pr&eacute;texter que c&rsquo;est au nom du Bien que vous emp&ecirc;chez le d&eacute;pressif de se suicider : il n&rsquo;en demeure pas moins que c&rsquo;est vous qui voulez emp&ecirc;cher ce suicide. Votre &eacute;thique est donc paternaliste, puisque vous estimez l&eacute;gitime d&rsquo;imposer ce qui est bien &agrave; autrui, bon gr&eacute; mal gr&eacute;."""""<br /><br />&gt;&gt; Non, vous d&eacute;formez mon propos. Je dis simplement que <em>dans certains cas</em> (le contexte, toujours !), il est des erreurs de jugement qui implique que la "d&eacute;cision" d'autrui ne soit pas respect&eacute;e. L'exemple du d&eacute;pressif parle de lui-m&ecirc;me : la "d&eacute;cision", en l'occurrence, n'en est pas une ; il ne s'agit pas de quelque chose de pens&eacute;, de d&eacute;passionn&eacute;, de rationnel, mais d'une repr&eacute;sentation pathologique d&eacute;bouchant sur un acte tragique et irr&eacute;vocable. Et il ne s'agit pas tant d'imposer que d'amener autrui &agrave; reconsid&eacute;rer les choses (g&eacute;n&eacute;ralement, on ne ligote pas un d&eacute;pressif suicidaire et quand bien m&ecirc;me, ce n'est pas le ligotage qui constitue le traitement) sous l'angle du bien (&agrave; commencer par le sien propre !) au lieu du d&eacute;sir. Non, je n'emp&ecirc;cherais pas un d&eacute;pressif suicidaire de passer &agrave; l'acte, mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il s'en emp&ecirc;che lui-m&ecirc;me ; voyez-vous la nuance ? Mais je con&ccedil;ois que ma position vous &eacute;chappe, puisque pour vous l'&eacute;thique ne peut pas &ecirc;tre objective ; par suite, vous me reprochez de vouloir imposer ma vision &agrave; autrui.<br /><br />"""""J&rsquo;ai peut-&ecirc;tre tort de n&rsquo;&ecirc;tre pas paternaliste. En g&eacute;n&eacute;ral, nous sommes facilement paternalistes vis-&agrave;-vis des autres, mais il nous est intol&eacute;rable que les autres le soient vis-&agrave;-vis de nous. Le paternalisme est une th&eacute;orie &eacute;thique singuli&egrave;re, en cela que ceux qui la d&eacute;fendent trouvent en m&ecirc;me temps insupportable qu&rsquo;elle se diffuse. Je crois surtout que je ne pourrais pas &agrave; la fois &ecirc;tre paternaliste, et aimer encore la libert&eacute; ; et je pr&eacute;f&egrave;re la libert&eacute;."""""<br /><br />&gt;&gt; L'un n'emp&ecirc;che pas l'autre, pourtant. Et je trouve l'usage du terme "paternalisme" inappropri&eacute;, parce qu'il est n&eacute;gativement connot&eacute;. Pour autant, il correspond &agrave; une r&eacute;alit&eacute; : celle de l'&eacute;ducation. Etre parent (ou &eacute;ducateur), c'est pr&eacute;cis&eacute;ment r&eacute;aliser l'&eacute;quilibre entre le respect de la libert&eacute; de la personne dont on a la charge et la recherche de son bien. Ce qui nous s&eacute;pare, &agrave; mon sens, c'est que pour vous, au nom d'une sacro-sainte (et pr&eacute;tendue) libert&eacute;, il ne saurait &ecirc;tre question de g&eacute;n&eacute;raliser une telle attitude &agrave; l'humanit&eacute; et ce faisant, vous devenez un agnostique moral. Quant &agrave; moi, je tiens ma posture. Je ne forcerais jamais quiconque &agrave; faire quoi que ce soit (comment le pourrais-je, d'ailleurs ?), mais je ne manquerais pas de le renvoyer &agrave; sa responsabilit&eacute; morale.<br /><br />"""""Pour en revenir &agrave; mes remarques du 3 avril, accorder le primat &agrave; la libert&eacute; peut &ecirc;tre compatible avec une &eacute;thique t&eacute;l&eacute;ologique. C&rsquo;est ce qui arrive par exemple si l&rsquo;on estime que la restriction de certaines libert&eacute;s garantit le maximum de libert&eacute;. Dans une telle &eacute;thique, on pourrait justifier la terrible loi des suspects, qui limitait la libert&eacute; de ceux qu&rsquo;on suspectait de vouloir limiter la libert&eacute;."""""<br /><br />&gt;&gt; Une jolie contradiction. Restreindre la libert&eacute; pour prot&eacute;ger la libert&eacute;, il faut le faire. Et puis, qui d&eacute;ciderait de la liste de ceux qui veulent limiter la libert&eacute; ? Sur quels crit&egrave;res s'&eacute;tablirait cette liste ? Et ceux qui la r&eacute;digeraient ne rentreraient-ils pas eux-m&ecirc;mes dans les crit&egrave;res, ce qui les placeraient &eacute;galement sur une telle liste ? Cela me fait songer &agrave; ce qui s'est pass&eacute; aux Etats-Unis, apr&egrave;s le 11 septembre 2001. Le <em>Patriot Act</em>, la "guerre juste"... Mais aussi la Terreur, le g&eacute;nocide vend&eacute;en, certains bombardements alli&eacute;s lors de la seconde guerre mondiale, etc. Tout cela au nom de la libert&eacute;. Je crois que les partisans de l'approche "paternaliste" n'ont vraiment pas de complexe de sup&eacute;riorit&eacute; &agrave; avoir en termes d'horreurs perp&eacute;tr&eacute;es.<br /><br />"""""Enfin, ce n&rsquo;est pas rendre &laquo; justice &raquo; aux textes d&rsquo;Aristote que d&rsquo;en faire une &eacute;thique t&eacute;l&eacute;ologique. L&rsquo;interpr&eacute;tation selon laquelle &laquo; pour Aristote, l'exercice de la vertu, l'action rationnelle est le moyen d'atteindre au souverain bien &raquo; rabat trop rapidement le champ du pratique sur celui du po&iuml;&eacute;tique. Au contraire, selon le Stagirite, la vertu est accomplie pour elle-m&ecirc;me, et non comme un moyen dont le bonheur serait la fin. &laquo; Tandis que la production, en effet, a une fin autre qu&rsquo;elle-m&ecirc;me, il ne saurait en &ecirc;tre ainsi pour l&rsquo;action, la bonne pratique &eacute;tant elle-m&ecirc;me sa propre fin. &raquo; (Ethique &agrave; Nicomaque, livre VI, 1140 b 5 et suivantes.) Le souverain bien n&rsquo;est pas d&eacute;fini par Aristote ind&eacute;pendamment du juste : d&rsquo;apr&egrave;s Aristote, le bien, c&rsquo;est ce qu&rsquo;accomplissent les justes."""""<br /><br />&gt;&gt; Hum, d'abord, encore une fois, je n'ai pas parl&eacute; de bonheur. Au mieux, chez Aristote, le "bonheur", c'est l'atteinte du souverain bien, par l'exercice de la vertu. Citant Aristote, vous montrez que pour lui, la vertu est sa propre r&eacute;compense. Et vous avez raison. Mais cela est &agrave; mettre en regard avec la conception de l'homme que d&eacute;fendait notre philosophe, soit celle d'un &ecirc;tre tendu vers une fin, "l'acte propre de chaque &ecirc;tre" se conformant &agrave; l'essence de l'&ecirc;tre humain et se d&eacute;finissant par la vertu. Ainsi, la vertu est-elle accomplissement de soi et encore, l'accomplissement de soi par excellence. Et voil&agrave; le t&eacute;l&eacute;ologique. Par ailleurs, vous d&eacute;voyez le sens du terme "juste". Dans le cadre de notre d&eacute;bat, cela renvoie &agrave; l'approche d&eacute;ontologique, qui fait primer le juste sur le bien ; approche formelle et proc&eacute;durale, o&ugrave; le bien se dissout dans les d&eacute;sirs individuels, sans autre fondement que le solipsisme, r&eacute;gul&eacute; par les exigences du vivre ensemble. Aristote, avec son accent sur la vertu, la vie bonne, le souverain bien, ne rel&egrave;ve vraiment pas d'une telle approche.]]></description>
        <pubDate>Thu, 10 Apr 2008 13:31:12 +0200</pubDate>        <guid >http://apfelbaum.over-blog.com/article-17979046-6.html#comment26360940</guid>
                                            </item>
  
 </channel>
</rss>